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lundi 11 avril 2011

Avant les fleurs

J'aime ce moment avant les fleurs
Avant le printemps et sa moisson de couleurs
Mousse douce, bourgeon tendre
Promesse de pousse sous la cendre
Tout ce qui palpite et qui vit
Se prépare à sortir, à bas bruit
Bientôt exploseront les bleus les verts
Les ors les rouges, les roses à tire d'aile
Les ocres les mauves, les violets fiers
Avril et ses parures de pétales de dentelles
Avant cette évidence, cette explosion
Avant la bascule vers les jours qui durent
L'as-tu saisi, l'as-tu capté ce petit son
D'un soupçon de folie dans l'air pur ?

Cath
mars-avril 2011






vendredi 30 juillet 2010

Joëlle. Sylvie. Claudine. Christiane. Martine.
...
Saleté de crabe. Tous les ans tu en emportes une. Ou plusieurs. Sans pitié.
Des amies, des compagnes. Des épouses, des mamans. Trop jeunes.
Des tendres, des gentilles. Qui n'ont rien vu venir, rien pu empêcher.
Des amis, des familles restent là, hébétés.
Il faut accepter l'inacceptable. Supporter l'insupportable.
Continuer à avancer, vaille que vaille.
Se dire que malgré tout, la vie vaut la peine, tellement.
Et qu'on est heureux de vous avoir connues.
Soyez en paix là où vous êtes.
Nous ne vous oublions pas.


(Photos : Jardin de l'abbé, Lunéville, été 2010 :
sculptures éphémères, "l'orgue de bois", de Denis Tricot.)

samedi 17 avril 2010

Route ordinaire

Jours de lumière, plaisir de rien

Tout m'est beauté, comme ça vient...


La dentelle des branches d'arbres

Sur fond de ciel, de paysage

La clarté d'un ciel sans âge

Sans avions, quelques nuages

Voir passer une bétonnière

Rayée blanc-bleu bayadère

Comme le ventre d'Obélix,

Voir flotter une manche à air

Blanche et rouge, au beau fixe,

Et la manche de mon blouson

Qui s'engouffre dans le vent

Qui se gonfle comme un ballon

Eclat de rire en le voyant

Les voies de l'autoroute

Parallèles comme trois doigts

Regarder une éolienne

Avec ses trois bras

Un alignement de lampadaires

Tralala lala lalère

Des zébras sur le bitume

Encore des rayures

Un rideau de peupliers

Un tas de bois débité

Sur le bas-côté, bien rangé

Le travail des hommes

Un chantier un 35 tonnes

Les noms sur les panneaux

St Apollinaire Combe Suzon

Un tag blanc et mauve

Sur un mur de briques roses

Une grille devant le mur

Encore des rayures

Un rai de soleil sur un village

Deux silhouettes sans visage

Et la route qui défile

Mes idées en moi qui filent...


Jours de lumière, plaisir de rien

Tout m'est beauté, comme ça vient...


Cath

avril 2010






samedi 9 janvier 2010

Soir d'hiver

Le soir vient il est cinq heures

Le ciel chargé devient gris

Le sol blanc et bleuté luit

C'est comme un pincement au coeur

C'est l'heure du tournant du jour

Où s'avivent les impressions

L'heure où le temps devient lourd

Le réveil des émotions


Ça ne veut pas dire son nom

C'est sans rime ni raison

T'as le coeur comme un tambour

Plein de larmes et plein d'amour

Il gèle dehors, la pierre se fend

Et toi tu fonds au dedans

A la porte tu laisses les armes

Tu vis de feu et de flamme


Le soir tombe il est cinq heures

Le ciel chargé devient gris

Le sol blanc et bleuté luit

C'est comme un pincement au coeur

T'as le coeur comme un tambour

Plein de larmes et plein d'amour

Il gèle dehors, la pierre se fend

Et toi tu fonds au dedans


Cath

01 2010


Ce texte a été mis en musique, et chanté par mon ami Yves, ici :

http://www.myspace.com/yvesborredonmusic


dimanche 19 avril 2009

Albert mon grand-père

Mon grand-père s'appelait Albert. Y penser, c'est toujours revenir loin en arrière, presque en mon enfance, car il est mort quand j'étais adolescente. J'y pense souvent, car c'était une personnalité marquante, quelqu'un qu'on n'oublie pas.

Je sais pourtant assez peu de choses de lui je trouve. J'ai un sentiment d'inachevé, j'aurais dû parler plus avec lui, et surtout l'écouter plus, le questionner. Mais on ne sait pas l'urgence de ces choses, quand on est si jeune...

Il avait été instituteur, directeur d'école même : c'est la première chose qui me revient. Ça faisait tellement partie de lui, le savoir, une certaine autorité, transmettre, enseigner, lire, continuer à apprendre... Et puis aussi il était socialiste. Ça, c'est la deuxième chose importante, car il le disait à qui voulait l'entendre ! Il était agnostique : c'est lui qui m'a donné envie de chercher ce mot dans le dictionnaire, car je ne savais pas ce que c'était. Il savait beaucoup de choses, suivait l'actualité de près, lisait Le Monde tous les jours. Il avait un avis sur tout : beaucoup d'événements le faisaient démarrer au quart de tour, la politique surtout, ou le sport, il s'emportait alors et disait des gros mots... qu'on nous interdisait de dire, nous, enfants !

Il était passionné par le cyclisme, suivait le Tour de France assidûment l'été. L'hiver, il lisait des romans policiers, à une vitesse incroyable, il avait des collections de ces romans noirs qui ne m'ont jamais trop attirée... L'hiver, il était frileux, il passait une partie de ses journées les pieds sur le radiateur.

Toute l'année, il portait un chapeau. Chapeau de feutre l'hiver, de toile l'été, indispensable pour le soleil du midi où il avait une maison, où il passait la moitié de l'année, avec ma grand-mère. J'ai des souvenirs de ces étés, des vacances chez eux où l'on allait, gamines, pré-adolescentes : du bonheur à l'état pur. On y allait pour quelques semaines, avec ma soeur, et on était gâtées : c'était le rythme tranquille des grands-parents, les bonnes choses que Mémé cuisinait pour nous faire plaisir, mais c'était aussi les sorties libres avec des cousins, des voisins, des amis, on était rarement les seuls jeunes dans le quartier. Et si on s'ennuyait un peu, on allait à la plage à deux (mes grands-parents n'y allaient pas, mais ma grand-mère nous donnait un peu d'argent « pour une glace à une boule »), pour nous c'était la liberté ! Ou bien on jouait à la pétanque avec Pépé. Pépé Albert était passionné de pétanque. Cela nous amusait un peu, mais attention, lui prenait ça au sérieux, il fallait se concentrer, suivre ses consignes, pointer ou tirer avec application !

Et puis si on jouait au ballon, il ne fallait pas abîmer son jardin, ses fleurs, qu'il chérissait : c'était encore une de ses passions, la botanique, il connaissait toutes les plantes.

Quand nous étions enfants, petites, il prenait le temps de jouer avec nous, que ce soit aux cartes (il nous apprenait la belote), aller faire des boules de neige en hiver, ou jouer à la dînette, à la poupée, il avait la patience de nous regarder jouer ou de participer à nos jeux. Et puis le dessin aussi, mais là il était bien meilleur que nous : j'y reviendrai. Cache-cache, devinettes, il aimait nous taquiner et c'était un plaisir, car il était plein de finesse, il aimait les mots et en jouer. Il était fort en mots-croisés par exemple, ou au Scrabble. Il écrivait des lettres superbes, la correspondance avec lui était délicieuse.

Je crois qu'il avait un peu l'allure de Jacques Tati, avec sa grande taille, son chapeau et ses gestes, et un rien de Pagnol aussi, l'accent et les expressions du midi qu'il avait adoptés, quelque chose dans le caractère qui me fait penser à cet univers.

Il était très amoureux de ma grand-mère, je me souviens qu'adolescente j'étais un peu surprise, ainsi qu'attendrie, de voir leur tendresse s'exprimer.

Il avait fait la guerre, je ne sais pas bien quoi, mais il avait été officier, prisonnier en Allemagne plusieurs années. Malade, affaibli, très amaigri, rapatrié car mourant, il avait survécu par le désir intense de retrouver sa femme et ses enfants... Il s'était remonté peu à peu, avait retrouvé la santé grâce aux bons soins de son épouse, ma grand-mère qui, pour le nourrir, traversait la campagne à vélo au péril de sa vie, pour se procurer des produits fermiers en ces temps de guerre et de disette.

De ces années noires, il avait ramené une santé fragile, était devenu cardiaque. Mais il n'en parlait guère, même s'il était très anxieux et que ça le minait.

Habile de ses mains, il savait bricoler, relier ou réparer les livres. Il avait un bon coup de crayon, il dessinait très bien. Il n'en a jamais fait grand chose à ma connaissance, que des esquisses, des brouillons griffonnés sur un coin de lettre... Sauf deux choses étonnantes. Premièrement, il savait broder. Pas au figuré, non, au sens propre : je n'ai jamais entendu parler d'aucun autre grand-père qui brode ! Et bien lui dessinait des motifs sur des draps, et les brodait. Et puis, deuxième chose incroyable, durant ses années de captivité, prisonnier de guerre, il avait fabriqué, de ses mains, de A à Z, des petits livres, pour les envoyer à ses filles, depuis son camp « Offlag XB ». J'ai deux de ces livres. C'est une merveille, je vais vous les montrer : l'histoire du vilain petit canard, retranscrite de mémoire, à la plume et illustrée, et un petit guide de dessin, pour apprendre à dessiner les animaux.

Ces livres que ma mère m'a transmis, c'est parmi les choses les plus précieuses que je possède, c'est pour moi un trésor inestimable. J'en prends grand soin, j'espère que rien ne les détruira, et que mes enfants les garderont avec la même ferveur...

(voir détails ci-dessous)

Cath

4 2009

mardi 3 mars 2009

Femmes du Sud


Femmes du Sud et d'Orient
Des terres brûlées de soleil et de vent
Femmes de silence
Femmes de présence

Femmes brunes enrubannées
Aux cheveux épais, aux yeux noirs baissés
Aux mains affairées
Aux mains fatiguées

Votre parole fait désordre
Alors on vous soumet on vous bâillonne
Au nom de la foi
Au nom de la loi

Votre liberté dérange
Alors on vous enferme on vous dirige
Par la loi des coups
Par la loi des fous

Votre plaisir est tabou
On vous verrouille on vous coupe on vous coud
Rituel de peur
Rite de malheur

Femmes d'Afrique et d'Asie
Pilier du village et de la famille
Vous donnez la vie
En savez le prix

Femmes de foi de patience
Peu à peu vous faites changer les consciences
Eduquez vos filles
A devenir libres

Femmes d'ici et maintenant
Vous savez qu'il faudra du temps
Et les filles de vos filles
Seront affranchies

Cath
2009

Illustration graphique : Martine Chenoz, 2008

lundi 9 février 2009

Alter ego

Bien sûr, on est différents. Toi, et moi. Et tous les autres.

C'est le sort des humains, d'être en quête infinie, éperdue, d'un alter ego... et de ne jamais le trouver.

Ce serait si bon, d'être enfin compris, entièrement, d'emblée. C'est un rêve toujours recommencé.

Mais chacun ne voit le monde que de l'intérieur de sa peau, de ses yeux, de ses tripes. Et l'autre est toujours autre.

Alors pour se rencontrer, il faut s'expliquer, s'écouter, s'appliquer. Comme on peut, et bien imparfaitement.

Et parfois, le temps d'un rêve éveillé... ou plus durablement, on le touche du doigt. Un autre qui nous comprend. Que l'on comprend.
Avec et malgré nos différences, entrer en résonance.

C'est une lumière dans la nuit, une flamme, un feu qui luit ! Alors on le protège, on le nourrit, on souffle dessus pour le garder.

Tout est si froid quand il s'éteint...

Ou bien c'est une étoile qui vient de naître : elle brille pour longtemps ! Même à travers pluie, nuées et brouillard... Mais j'aime mieux les nuits claires, au ciel étoilé.

Cath
01 2009


Photo : Luc Viatour, Les Pléiades
(Merci Luc, pour ces clichés toujours si magnifiques !)


dimanche 21 décembre 2008

Un peu de lumière

Pour un peu de lumière
Je donnerais les présents
Que je vois en passant aux vitrines des marchands
Pour un peu de chaleur
Je donnerais les richesses
Que je n'envie pas certes aux fortunes des puissants !

Et puisque de ce jour
Jusqu'aux longs mois d'hiver et de printemps
Il fera de plus en plus jour
Chaque matin et chaque soir plus longtemps
Voici venu le temps de croire
Voici venu le temps de l'espoir !

Complètement anachronique
Anarchique et fantasmagorique
Hors de tout des aléas des feux de l'actualité
L'espérance humaine n'a ni sens ni finalité
Elle est assez invraisemblable
Mais chevillée au corps
A la vie à la mort
Elle est juste... indispensable !


Quelle que soit la vôtre, et vos croyances...

Joyeux solstice, bon Noël, heureuse période de fêtes à chacun !

Et un peu de lumière à qui en a besoin.

Cath
21 12 2008


Photo : Place Léopold, Lunéville, 12 2008


mercredi 29 octobre 2008

L'espoir Obama


Je ne suis pas américaine, mais je me sens concernée. Nous le sommes tous, citoyens du monde.
L'état actuel de la planète n'est pas brillant. Bien sûr, Obama devra faire avec. Il ne pourra pas tout changer d'un seul coup. Mais il a l'intention avec lui : l'intention d'un monde un peu plus juste, un peu plus ouvert ; l'intention de ne pas régler les problèmes par le conflit armé, par le pouvoir qui écrase.


Alors, il porte en lui l'espoir. L'espoir de beaucoup, dans son pays (dans et même hors son camp), et dans le monde.
Et le mien aussi.

Cath
octobre 2008

dimanche 15 juin 2008

Heureux pères, bonne fête !

A mon cher papa,

à mon chéri, père de mes enfants,

à mes amis qui sont pères,

je relis ce texte qui a un an, et n'a pas plus de rides qu'eux :

http://cath-grains-de-sel.blogspot.com/2007/06/bonne-fte-papa.html

Bonne fête, les papas !


Catherine



Photo : avec mon père, été 2007.
Cette photo a une histoire : l'an dernier, pour ce message du blog (voir lien), j'ai cherché une photo de mon père et moi, et pour en trouver il a fallu que je remonte à une photo où j'avais dix ans ! L'explication : dans la famille, c'est souvent mon père qui fait les photos, et puis moi aussi. Nous avons ce point commun. Mais du coup personne ne pense à nous prendre tous les deux ensemble ! Alors je me suis promis de penser à en faire : et en été, nous l'avons faite.

mercredi 9 avril 2008

Un an... et des grains de sel

Qui a dit « quand on aime, on ne compte pas »?

Il me semble que quand on aime... on compte !
Bien sûr, on ne compte pas ce qu'on donne, on offre et on s'offre sans limites, on ne compte pas ses gestes dans tous les sens de ce mot, ses preuves d'amour, qu'elles soient immenses, symboliques ou dérisoires.

Ne dit-on pas qu'« il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour »?
Il y a du vrai, l'affection doit se manifester pour être reçue, mais je ne suis pas complètement d'accord : l'amour ne se manifeste pas toujours en preuves tangibles et mesurables, il peut être néanmoins réel et profond.

« Je t'aime, est-ce que ça te regarde ? »: j'aime bien cet élan tout en retenue : je ne t'encombre pas de mes sentiments, tu ne m'appartiens pas, mais tu es dans mon coeur et dans mes pensées, de tout mon être je te souhaite du bien, je te veux libre et heureux.

Quand on aime, on compte, disais-je : pourquoi ?
On compte le temps de l'absence, surtout aux débuts impatients de la passion naissante : une heure, un jour, une semaine, c'est une éternité... Alors on essaie de la découper en tranches plus supportables, vivables.

Et puis on s'attache aux nombres, car ils ancrent la durée. On compte les jours, les années. Un mois, un an, dix ans...
Cette date et ce jour-là, mon amour, mon ami(e), tu te souviens ? On revit la première fois, ou bien encore des moments-clés, des instants magiques, qui n'ont de sens que pour nous. On célèbre les anniversaires, publiquement ou en secret. Alors les nombres se font amicaux, tendres et complices...

Ils gardent cependant leur mystère. Car on peut dire : « si tu savais combien je t'aime ! » Mais combien, oui combien ? Et bien, euh... la réponse est impossible !

En parlant d'anniversaire... c'est aujourd'hui celui de ce blog : depuis un an, j'y ai mis (en 82 messages) quelques mots, images et impressions, un peu de moi, beaucoup de tout, un échange a pris vie et forme au fil des mois... Je m'y suis attachée !
Alors, bon anniversaire, Grains de sel !
On continue ?
On continue !


Cath
04 2008


Merci à Réverbères, Franck, Geneviève, Lali... qui m'en ont donné l'idée.
Merci à François-Marie et Brigitte, qui m'en ont donné le déclic.
Merci à mes proches, qui supportent avec patience mes lubies et passions...
Merci à toi, lecteur régulier ou occasionnel, qui passes et/ou laisses un mot, tu donnes sens à cette aventure d'écriture, virtuelle, mais bien réelle.


Photos :
- marguerite, auteur inconnu
- grains de sel, photo libre Wikipédia


mercredi 23 janvier 2008

Et pourquoi pas ?

(Les premières fois)



La première fois, c'est toujours une angoisse, un étonnement qui se mêle au plaisir, et qui, parfois, le surpasse et le recouvre. Le plaisir et la fierté, c'est après, quelquefois pendant, quand on arrive à être pleinement dedans, ou quand on se voit agir, comme de l'extérieur de son corps, comme en film : « Est-ce bien moi ? »
Alors vite, il faut réintégrer son corps, pour ne pas perdre la concentration, rester dedans, le vivre de l'intérieur.
Et peu à peu la détente arrive, on fait ce qu'on a à faire, les sens décuplés on en goûte chaque instant.
On en sort épuisé, mais heureux et fier.
Avant ou après, rien n'est tout à fait pareil. Parce qu'on a osé, qu'on s'est dit "et pourquoi pas ?" on a franchi le pas, le rêve a pris vie.
Ces moments-là, on les vit si intensément que le souvenir reste, vif et précis, longtemps. Ou parfois au contraire il n'en reste qu'un trou noir, le souvenir ne s'est pas fixé : il faudra du temps pour en retrouver des bribes.

Quelle première fois ? Mais toutes les premières fois ! Toutes les fois qui comptent, dont on s'est fait tout un monde, qu'on a vécu à l'avance des dizaines de fois et qui ne se déroulent jamais comme on l'a prévu.

Le premier baiser, fébrile, dans une voiture... On a pris le temps pourtant, mais je ne savais pas que la première fois on se caressait aussi. Je pensais que flirter c'était rester au-dessus des vêtements. Surprise que ce soit si bien, en-dessous.
La première fois qu'on va plus loin, qu'on «le» fait vraiment : je croyais que ça faisait mal, peut-être, je ne savais pas qu'on pouvait jouir, si vite cette première fois.

La première fois qu'on parle en public, qu'on prend un micro... Je ne savais pas que la voix résonne et tremble autant, quand on s'entend parler.
La première fois qu'on prend l'avion : je croyais avoir peur, pas du tout, c'était trop exaltant de voler !
La première fois qu'on prend le volant : c'est difficile de tout faire en même temps, quelle responsabilité de conduire !
La première fois que j'ai traversé la piscine à la nage, enfant, après bien du mal pour apprendre : ivre de joie et de fierté, j'avais mérité et gagné un nouveau vélo ! Une sensation de liberté immense.

La première fois qu'est l'arrivée d'un enfant : c'est au-dessus de ce qu'on avait imaginé, en douleur et en bonheur d'abord, et puis en tendresse : la première fois qu'il nous regarde, qu'il nous fixe intensément, de ce regard qui nous lie à lui pour toujours... Les premiers sourires, les premiers pas qu'il fait, les premières paroles, les premières découvertes quand il va vers le monde...
On revit et l'on découvre ces premières fois dont on ne se souvient pas soi-même.
On lui souhaite de vibrer à son tour de toutes ses premières fois...

Mon papa vient d'avoir 70 ans, et pour la première fois va faire un vol en montgolfière. Je suis fière et heureuse pour lui.
Et pourquoi pas, Papa ?

Cath-Cathy
01 2008

Photo Luc Viatour. Merci, encore une fois, Luc ! ;-)

A écouter : « Les premiers pas » (et les autres chansons aussi !) de Kandid.
(Merci Nicolas ! C'est quoi le masculin de "petite fée" ?!) ;-)

mardi 1 janvier 2008

2008



Comme partout en ce jour on se souhaite à l'unisson de belles et nobles choses (bonheur, amour, santé, prospérité...), je ne vais pas ajouter un écho au choeur, j'en goûte l'harmonie avec vous.

J'aime bien les nombres pairs. Mais celui-ci, 2008, l'est un peu trop : pour entourer ses deux pauvres hublots il n'a que des chiffres pairs ! Cela a un côté carré, programmé, enfermé... qui me chiffonne.

Alors pour 2008 je ne nous souhaite que cette petite chose : laisser la porte ouverte à l'« im- » ! Oui : l'imprévu, l'impromptu, l'impossible, l'imparfait, l'impondérable, l'improbable, l'impensable...
Laissons-nous surprendre et parfois même étonner par l'immédiat, l'imminent, l'impression, l'impulsion.
Laissons-nous toucher par l'impétueux, l'immodéré, l'immense !

Car dans ces instants le souffle de la vie s'engouffre, dans toutes ses directions. Le vivant ne se laisse pas emprisonner : et d'ailleurs, le dernier chiffre de 2008, si on le bouscule un peu, n'est-il pas un symbole d'infini ?..

Bonne année 2008 : qu'elle advienne... ce qu'elle vous sera !

Cath
1 1 2008

mercredi 12 décembre 2007

12 décembre

Un réverbère se réverbère dans le verre vert...
Rêve, Herbert, ta nuit de rêves clairs !
Lumineuses lucioles dans la nuit étoilée
Papillotes pâles qui papillonnent
Des papillons pétillent devant mes pupilles,
Valse lente et lancinante
Des avaleurs de silence
Calme transe des rêveurs qui dansent...
Tant te tend l'attente du temps
Que la nuit qui palpite s'étiolera vite
Et les lambeaux de brume que l'aube rallume
Teinteront de rose tes rêves qui reposent.

.....

Heureux anniversaire, Réverbères !


.....

Cath
petit poème en clin d'oeil
12 12 2007

dimanche 25 novembre 2007

Nicolas Peyrac écrivain

On connaît Nicolas Peyrac chanteur, on ne sait pas toujours qu'il a plusieurs cordes à son arc, des talents multiples : pas seulement chanteur, mais auteur-compositeur-interprète, il est aussi photographe, et écrivain.

Et passionné de cinéma, alors qui sait si un jour... ?

Ecrivain-romancier, Nicolas Peyrac a publié deux romans :
«Qu'importe le boulevard où tu m'attends»*,
et «J'ai su dès le premier jour que je la tuerais»**.

Sous ces titres énigmatiques se révèle une oeuvre originale, personnelle, tenant à la fois du roman et du scénario, mêlant fiction, souvenirs et réflexion : un scénario aux accents de journal intime pour le premier, un beau thriller amoureux pour le second. Parmi les constantes, on retrouve le questionnement sur l'attachement et la relation amoureuse, l'émotion des sommets aux abîmes, le besoin de liberté et d'évasion, et, sous-jacente, l'interrogation sur le sens de l'existence. Mais rien de lourd pour autant, l'écriture est légère, poétique, savoureuse, musicale : on l'imagine lue en voix off sur un travelling onirique... On ne s'en lasse pas.

Comme un film dont les images vous restent en mémoire et au coeur.

Je vous invite à y plonger sans tarder.


Catherine
25 11 2007


* Editions internationales Alain Stanké, 1994, (disponible ici)

** Editions de L'archipel, 2006, (en librairie)


lundi 8 octobre 2007

Pourquoi

Pourquoi vivre est-il si difficile, parfois ?
Pourquoi tant souffrir ?
Pourquoi la vie est-elle si dure pour certains ?

Dans la nature, je le conçois, il y a des accidents. Parmi tous les possibles, des essais sont loupés. Dans une poignée de graines semées, certaines ne germent pas. Dans une plantation, certaines pousses ne voient jamais la lumière. D'autres manquent d'eau et de place, s'étiolent et ne se développent pas pleinement. Sur un arbre, certaines branches ne reçoivent plus de sève et se cassent. Parfois un arbuste végète plusieurs années avant d'étendre ses racines et grandir.

Mais pourquoi est-ce si douloureux quand on est humain ? Pourquoi les blessures sont-elles si longues à guérir ? Pourquoi les cicatrices, même invisibles, restent-elles si sensibles ?

« Comme un animal, on est mal... »
Mais l'animal a cette faculté d'oubli qu'on n'a pas. Du moins je l'espère ; pour lui. Ou bien il ne le montre pas. Même si certains animaux ont des traumatismes aussi, les subissent sans comprendre.
Les hommes ne sont pas mieux lotis, malgré toute leur intelligence, leur science et leur pouvoir : ils n'ont pas vaincu la souffrance, la vivent toujours de plein fouet, impuissants. L'expliquer aide un peu, l'analyser peut faire avancer, on a les moyens chimiques de la contourner. Mais son engrenage est puissant, nous attend et nous entraîne, nous fait plonger...

Pourquoi est-ce qu'on continue, pourtant, à s'accrocher et tenir ? Pourquoi, après avoir nagé en eaux profondes, avoir touché plusieurs fonds, à celui-là on donne un coup de talon pour remonter vers la surface ? Comment sort-on de la nuit vers le jour ?

C'est un mystère.
Le courage, la force, l'instinct de survie ?
L'espoir, la confiance en l'avenir, la foi qui déplace des montagnes...
Un regard aimant. Une main tendue, ou qui nous soutient dans le dos. Une joie inattendue qui ouvre la lumière. Les mots qu'il faut, qu'on entend et qui nous parlent, ou qu'on peut dire, enfin.
Rien de tout cela vraiment, mais sans doute un peu tout à la fois. Cela se fait peu à peu, un palier après l'autre, un jour après l'autre.
Les blessures sont toujours là, mais on leur trouve un baume. On masse les cicatrices. Il y a celles qu'on accepte, qu'on finit par assimiler. Il y a celles qu'on n'accepte pas, mais on vit avec, quand même. On les maquille ou on les exhibe, on les néglige ou on les sublime, on s'en moque, on en rit.

La vie nous attend au tournant, elle saura bien nous en faire d'autres...
Mais on sait que demain il fera beau.
« Et qu'il fera bon y être,
Et que si c'est pas sûr,
C'est quand même peut-être... »



Cath
octobre 2007

Photos Cath
Printemps-été 2007 : fleurs de jardin, et statue sur la Somme à Amiens

dimanche 30 septembre 2007

Mot à mot


Mot à mot, pas à pas, jour après jour... ce blog devient taiseux.
La page pâlit, se fait blanche, les mots rares.
Ce n'est pas que je boude les mots, pourtant ! Plus que jamais leur sève me nourrit, leur présence me vivifie : les mots des autres, écrits ou chantés.
Parfois ils vous disent, nous parlent et nous comblent si bien... qu'il n'y a rien à ajouter. Juste à écouter, à les goûter. Alors je me tais.
Mais ce silence-là n'est pas vide : il est chaud et rond, juteux et goûteux, plein et délié.
Comme... (peu de mots, alors osons un gros) le bonheur !

Le Bonheur est Béat, Bouche Bée, se dit sans Bruit,
la Sérénité se vit Silencieuse,
l'Amour est Aphone.

L'Ecriture vit d'Emotion et d'Emois, d'Ecueils et d'Efforts...

La Douleur fait se Dire,
la Souffrance est un Sujet,
les Blessures font un Brouillon,
les Soucis ont du Style,
la Peine se met en Poème,
le Chagrin fait des Chansons,
les Tourments des Tragédies,
la Réflexion des Rédactions,
la Philosophie des Phables (ou Fables, ne chipotons pas !)

Les gens Heureux n'ont pas d'Histoire.
On le dit... Mais ce ne sont que des mots !

Et le Bonheur peut bien faire des Ballades,
les Rêves des Récits,
la Liberté des Lettres,
les Impressions des Images,
Vie et Passion, Vers et Prose,
et ce Blog, des Balbutiements...

Car de vous à moi (et vice-versa)
les Mots sont Magie :
on se lit et on se relit,
on se relie,
et on se lie...


Cath
30 09 2007

jeudi 30 août 2007

Le silence est une violence


Trêve au milieu du tumulte
Ami de la réflexion et de la solitude
Apportant calme et quiétude
Le silence est une évidence

Compagnon des nuits paisibles
Qu'elles soient de sommeil ou de veille
Lecture, étude ou écriture
Le silence est une présence

Dans l'action et dans l'effort
Le but qu'on poursuit à plusieurs
Ou dans le quotidien des jours
Chacun dans ce qu'il a à faire
Le silence est une confiance

Plus rare à deux aux heures magiques
Où les corps ou les âmes se touchent et se rejoignent
Le silence est une connivence
Le silence est une confidence

Mais quand j'attends tes mots qui ne viennent pas
Quand les miens ne t'atteignent pas
Quand il n'y a pas place pour les dire
Ou quand il n'y a plus rien à se dire
Le silence est une sentence

Quand tu es loin ou pire
Que tout est fini qu'on est seul
Que les mots sont dérisoires, illusoires
Le silence est une souffrance

Et quand il est censure qui bâillonne
Quand il t'oblige à te taire
Que ton opinion n'a pas droit de cité
Quand tu n'as pas de voix, pas la parole
Que tu n'es plus un homme
Au milieu des hommes en folie
Le silence est une violence.



CGP
juillet-août 2007

Photo : meurtrière, Dinant.
Luc Viatour

Merci !

vendredi 3 août 2007

Homme doux


Homme doux
qui répugne à lever le ton
pas cow-boy pour deux sous
(ou alors ceux de Brokeback, et encore...)
Femme tendre
sensible à tout et à rien
aux douleurs qui ne sont pas les siennes,
Enfant calme
qui aime observer
Collégien taiseux
qu'on n'entend pas assez
Adolescent indécis
qui ne sait pas ce qu'il veut
Fils incompris
qui a trop vite grandi
Epouse délaissée
mal ou trop peu aimée
Grand-mère oubliée
qui crève de solitude...

Vous avez toujours tort
pour les autres
les durs les vrais
ceux qui « ont du caractère »
décidés, décideurs, terre à terre
qui ne s'en laissent pas conter
ni distraire ni attendrir
ceux qui ne vous voient pas,
pour qui une autre cause
passe toujours en premier :
leur personne, leurs principes, leurs certitudes...

Homme doux
Enfant timide
Femme sensible
derrière le mur de ton front, de ton silence
le filtre de tes yeux,
ton âme tapie palpite et attend son heure.

Un battement de cils,
plongeant dans ton regard on capte une étincelle,
le reflet brillant d'un coup d'aile :
tu es libre, tu te déploies !


Cath
août 2007

Photo et montage Wolfonic : merci pour le prêt !

dimanche 17 juin 2007

Bonne fête Papa

Qu'est-ce qu'un père ?
Mon père.
Du plus loin que je me souvienne, il me semble qu'il est repère, ancre et boussole. La tendresse et l'autorité à la fois.
Celui qui guide, qui encourage et qui croit en nous, qui pousse en avant : « Tu y arriveras ! » C'est une force incroyable qu'insufflent ces trois mots magiques. Aux heures fières elle porte haut nos victoires ; aux heures fragiles elle nous tient et nous relève.
C'est vrai, Papa, tu sais.
Au fil des ans tu accompagnes toujours nos chemins de vie, avec ceux qui nous y rejoignent : amours, enfants...

De tout mon cœur de fille, je te dis bonne fête, mon cher papa.


...
Ailleurs... quelquefois ce n'est pas comme ça.
Je sais combien des pères peuvent être absents, maladroits, ou pire...
Il faut alors se construire sans. Avec d'autres images, d'autres modèles : d'autres « re-pères », d'autres « heureux pères », parrains, tuteurs ou bonnes fées...
Car toujours, la vie nous pousse, va de l'avant, vaut la peine.
...


Devenir mère. Te voir être père de nos enfants, mon chéri.
Devenir père, c'est d'abord la rencontre de deux regards.
Une grande tendresse un peu gauche, pour un petit être sans mots, avide d'échanges autant que de lait, qui tient au creux du bras.
Puis des jeux et des rires à n'en plus finir.
Des heures complices, des chahuts pas possibles...
Des questions de petit bout d'homme... auxquelles on donne des bouts de réponse : on assure, on essaie ! Tu sais plein de choses, tu fais ça très bien.
Mais ce qui m'attendrit le plus, c'est quand je te vois soucieux, attentif, attentionné...
Quand tu ouvres les bras : « Raconte-moi ! »
Quand tu tiens la main : « On y va ! »

Bonne fête à toi mon amour, papa de nos enfants.


Cathy
17 juin 2007