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mercredi 24 mars 2010

Coupeurs de haies


Je ne cherche pas à couper les cheveux en quatre... Mais je ne vais pas y aller par quatre chemins : je hais les coupeurs de haies !

Je ne parle pas des haies de thuyas rectilignes qui délimitent les jardins dans les lotissements : celles-là m'indiffèrent.
Mais des haies de campagne, des haies d'arbustes et d'arbrisseaux divers, irrégulières, touffues, qui courent le long des prés et chemins dans les paysages de bocage, dans les régions d'élevage essentiellement.

Une haie, c'est beau, c'est changeant, ça verdit, ça fleurit, ça vit, ça délimite un passage avec une élégance naturelle, et puis c'est utile, ça abrite toute une faune variée dans un véritable éco-sytème.

(Plus d'informations ici : la haie, un bienfait favorable au climat et aux insectivores.)

Moi, je croyais que c'était reconnu, encouragé, protégé !

Mais derrière chez moi, à la place d'une magnifique haie d'aubépines, d'églantiers, de sureau et d'autres essences que je ne connaissais pas toutes, on a tout coupé pour... je ne sais pas, rien, du vide, "faire du propre" peut-être, il y a peut-être une raison mais je ne la connais pas, en tout cas c'est un vrai carnage !

Est-ce pour gagner un mètre en bord de chemin ? Pour éviter d'avoir à la tailler de temps en temps ? Je ne vois pas d'explication. Je me renseignerai, il faut que j'en sache plus.

Mais en attendant, quel dommage pour les oiseaux et tous les petits animaux qui y vivaient ! Quelques oiseaux tournent autour du tas de branches à terre, ils vont chercher tout le printemps un autre endroit pour nicher...

Et pour nous, la balade à cet endroit n'aura plus la même saveur.

Photos : Cath
la haie en mai 2009 (photo 2), et maintenant...


Ça me rappelle cette chanson, tiens :



D'autres de Cristini, ici :
- http://www.myspace.com/didiercristini
- http://www.cristini.info/


7 avril :
Merci à Usclade de relayer mon coup de gueule,
en son blog tout neuf :
Ni cigales, ni fourmises !

dimanche 22 novembre 2009

Bêtise humaine


L'intelligence humaine est une belle chose : je ne me lasse pas de l'admirer, et la rencontrer est un vrai bonheur. Si si, je le dis sans ironie ! Ça arrive parfois dans la vie quotidienne : quelqu'un vous laisse passer à un carrefour, en ne se précipitant pas sur le mètre carré auquel il a droit, il vous rend un petit service bien agréable ; si plusieurs agissent pareil et laissent passer chacun une voiture à tour de rôle, ça rend la circulation plus fluide, et on repart avec l'humeur allégée, en se disant que l'intelligence, ça existe !

Mais la bêtise humaine... est un fléau, une calamité !
Le petit supermarché où je me rends régulièrement a fait l'objet d'un braquage. Pour empocher une somme modique, arriver cagoulés casqués, terroriser tout le personnel en les menaçant d'une arme à feu et tirer en l'air avant de repartir, comme pour bien montrer sa violence, c'est bien sûr affligeant, c'est de la délinquance stupide et révoltante. C'est un vrai traumatisme pour les personnes présentes.
Quelques jours après les faits, lors de mes achats, je perds un peu de temps à la caisse, car la machine a un loupé. Compréhensive, j'échange quelques mots avec la caissière, qui est aimable habituellement, que je ne connais pas mais que je vois souvent, lui demandant si ça va mieux depuis. Elle me répond alors que "tout ça c'est la faute aux parents qui n'éduquent pas leurs enfants !" Et puis, prenant comme interlocutrice plutôt la cliente suivante, qu'elle connaît sans doute mieux que moi, elle commence un monologue sur "et puis je ne suis pas raciste mais...", s'en prenant aux "bougnouls" "qui ont tous les droits", etc.
Je suis bien désolée d'avoir suscité cette discussion haineuse, stérile et stupide... d'autant plus que je n'arrive pas à l'arrêter !
A un moment, tout de même, (je ne sais pas si elle connaît ma profession, mais) elle me prend à parti en me disant que si elle a quelque chose à demander, une aide sociale, elle écrira "Mohamed" sur le formulaire, pour que ça passe mieux ! Je lui réponds que non, ça ne passera pas mieux, ce n'est pas comme ça que ça se passe ; et je repars avec mes courses, agacée et révoltée.
Contre la grippe, il y a un vaccin... mais qu'y a-t-il contre la bêtise humaine ?

jeudi 29 janvier 2009

Pas contents

La rue est à nous !
On était 25000 à Nancy, deux millions en France : la manifestation de ce jeudi a noirci les pavés des villes un peu partout !
La place Stanislas a rarement été aussi peuplée que cet après-midi, on y affluait de partout, se regroupant par famille syndicale ou professionnelle : le social, l'éducatif bien représentés, profs et lycéens, ainsi que la santé, la fonction publique et les syndicats de salariés de tous bords, les groupes politiques de gauche, et même des magistrats, ce qui est rare... (sauf depuis un moment)!
La foule s'est déversée dans toute la ville en un long ruban dense, bruyant mais sans heurts, déterminé.
Pour dire le ras-le-bol à l'injustice des choix politiques faits qui ont pour conséquence de démanteler les services publics en arrosant le privé, sans garantir l'emploi mais seulement préserver les profits. Pour dire l'attachement à l'emploi salarié, au services publics, à une juste répartition selon les besoins du plus grand nombre...
Non au tout sécuritaire, on est des citoyens, pas des délinquants potentiels !

Liberté, égalité, fraternité... quoi : ce que l'on croit (encore) être notre devise !

Cath
29 01 2009

dimanche 6 janvier 2008

Jours meilleurs

Il y a toujours des raisons d'être en colère, des choses auxquelles on ne peut se résoudre : et alors il ne faut pas se taire. Parce que ça va mieux en le disant, et parce que si on le pense à plusieurs, il y a un espoir, des possibles...

Et puis quelquefois l'horizon s'éclaircit, il y a des jours meilleurs. Alors il faut le dire aussi !

Quelquefois tout ça ne dépend pas de nous... Mais ça n'empêche pas d'être concerné. Des coups de gueule sur ce blog, je n'en ai pas mis beaucoup : un seul vrai, « Rouge colère », (l'autre est un gag). Je voulais y donner une suite. Car cette « rouge colère » touchait pas mal de gens, et surtout, parmi eux, des amis. Ils ont eu depuis des jours meilleurs, des éclaircies : je voulais les partager, le dire aussi. Pour dire que l'espoir n'est pas vain, qu'on peut y croire. Et parce que le mieux tient à eux, à leur courage et leur ténacité, leur refus de se résoudre à sombrer. Et que je suis heureuse pour eux, et fière d'eux.

L'amie assistante de direction n'a pas été virée : elle a eu des précisions sur la redéfinition de son poste et ce qui en était attendu. Elle a obtenu un délai de mise à l'épreuve. Alors elle a mis les bouchées doubles pour réorganiser son travail, et à l'issue de la période d'essai, a été confirmée dans son poste !

Après son problème de santé, l'amie et collègue secrétaire a été nommée à sa demande à un autre poste, pas facile car il s'agit de deux mi-temps différents, dont un où elle a des nouvelles fonctions et pas mal de choses à apprendre, dans un domaine qu'elle découvre. Elle y fait face et s'y adapte bien.

L'ami cadre licencié sans préavis, n'a pas poursuivi son employeur dans une procédure longue et incertaine, il a préféré une négociation amiable, pour mieux tourner la page et faire des projets. A présent il crée son entreprise et va de l'avant.

L'ami qui écrit des articles de journal et n'avait pas de statut, a trouvé un emploi à temps partiel dans un autre domaine, ce qui lui assure une situation moins précaire. Il poursuit parallèlement son activité de rédaction où il est très apprécié.

Un ami dont je n'avais pas évoqué les soucis liés à son travail, a, par son investissement sans relâche toute cette année, confirmé (s'il en était besoin) ses compétences, et conforté la situation de sa société.

Je n'ai pas de nouvelles de tous. Les situations de précarité perdurent, je le vois dans ma pratique de travail social, et le monde du travail est dur et sans pitié : je ne dis pas ici le contraire, et ces exemples le confirment aussi. Mais je voulais simplement vous dire et vous faire un coup de chapeau, à vous et à ceux qui se battent, qui essaient, qui y croient, car il y a des jours meilleurs... et vous les avez bien gagnés !

Pour le reste, je garde mes convictions et ma colère intactes, pour dénoncer ce que je peux.


Cath
janvier 2008

Photos CGP :
- Soleil d'hiver
- « Pour tout l'or du lendemain matin... »

vendredi 21 décembre 2007

La ballade des pendus

Il est bien des modes qui me laissent perplexe ou indifférente.

Mais s'il en est une dont le succès ne cesse de m'étonner, c'est bien celle qui consiste, à l'approche de Noël, à pendre tous ces pitoyables pères Noël aux façades et fenêtres !

Sont-ils censés décorer, égayer, amuser les enfants (ou les grands) en grimpant ainsi au mur ? Moi ils me font penser à des pendus... et me font sourire et grincer.

Quand j'étais gamine, le Père Noël ne se montrait pas tant, on pouvait le rêver tout à son aise... Il gardait son mystère et c'était très bien comme ça. A présent plus moyen d'y échapper, les sosies du vieux bonhomme rouge sont partout !

Et ses répliques plus ou moins réussies nous harcèlent à chaque coin de rue. Alors quel besoin, en plus, d'en suspendre à son balcon ?

A moins que par la grâce de l'humour au second degré, ils ne soient là que pour réjouir mes trajets quotidiens...


Cath
décembre 2007

Humeur : caustique.

mercredi 25 juillet 2007

ROUGE COLERE


Recrutée parmi 40 candidats, confirmée après deux mois de période d'essai, une amie, assistante de direction, est virée à l'issue du troisième mois, pour d'obscures raisons de redéfinition de poste : remaniement pour rentabilité maximum sans doute. Elle cherche à comprendre... et à retravailler.
Victime de harcèlement pendant des mois, sans trouver d'aide si soutien de la hiérarchie, une amie-collègue, secrétaire, fait un infarctus à 50 ans. Souffrance, peur, un ressort cassé, et des mois pour s'en remettre.
Un ami, cadre depuis plusieurs années dans un grand groupe, préoccupé par le mal-être que lui confient les personnes qui travaillent avec lui et par la gestion de la société, l'évoque lors d'un entretien (non public) avec le DRH : accusé de dénigrement de l'entreprise, viré pour faute grave, sans préavis ni indemnité. Cassure, état de choc. Des mois pour se remonter, se reconstruire, croire à nouveau en soi et en l'avenir.

Et des exemples de précarité... je ne peux les citer tous tant j'en rencontre. Ils ne touchent pas qu'un public jeune, encore bohème, dans le provisoire d'une insertion professionnelle à construire. Non, la précarité gagne toutes les tranches d'âge, et les profils les plus variés : un ami qui écrit des articles pour un journal, félicité pour la qualité de son travail, est payé à la page, sans contrat ni statut.
Une jeune femme qui sort de galères, qui a trouvé un «emploi aidé» de standardiste, doit l'arrêter car tous frais déduits, elle gagne moins qu'en percevant le RMI.
Un ouvrier de 57 ans, au chômage ; trop jeune pour la retraite, trop vieux pour être réembauché.
Un jeune homme de 28 ans, horticulteur, salarié depuis 10 ans, apprécié dans son travail, est payé au SMIC. Il ne peut régler ses charges de logement et sa facture d'électricité. Quand il demande timidement une augmentation, pour le faire taire on lui montre la porte.

Ecoeurement, tristesse et révolte. Rouge colère !
Je ne peux pas accepter cette logique. Incompréhension.
Du moins, comprendre, on peut : analyser, expliquer. La logique économique, la concurrence, la rentabilité... Les êtres humains ne sont que des pions sur un grand échiquier !.. jusqu'au jour où les joueurs sont eux-mêmes virés, éjectés. Mais on les remplace, et la machine repart.
Mais se résigner ? non. Rouge colère... que le système bouffe les hommes ainsi. Car le système, ce sont les hommes aussi !
Ne pourraient-ils rester humains ?
Ne pourrait-on rester humain ?
Comment chacun, de sa place, peut-il refuser l'inacceptable ?
Tendre le poing ? Tendre la main, ne pas se taire. Ne pas rester tout seul. Parler. Discuter, dénoncer. Se battre, pour soi et pour les autres. Faire, penser, construire, agir. Ensemble.
Car malgré tout, j'ai du respect, infiniment, pour le travail. Faire un travail utile, ça peut être dur, fatigant, difficile... C'est constructif, c'est noble et beau. Humain. Et ce n'est pas ringard de le dire. Ou alors tant pis, je le dis quand même. C'est dur, d'en trouver, de le faire, d'y être et d'y rester... mais le travail, j'y crois. S'il est humain.
A nous de continuer à y croire, de demander et faire qu'il le soit.
Courage, mes amis, je suis avec vous. Solidaire.


CGP
Juillet 2007

Tableau : Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte, 1875.