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lundi 19 décembre 2011

Nostalgie d'été


"Nous avons pensé des choses pures
Côte à côte, le long des chemins,
Nous nous sommes tenus par les mains
Sans dire... parmi les fleurs obscures ;

Nous marchions comme des fiancés
Seuls, dans la nuit verte des prairies ;
Nous partagions ce fruit de féeries
La lune amicale aux insensés

Et puis, nous sommes morts sur la mousse,
Très loin, tout seuls parmi l’ombre douce
De ce bois intime et murmurant ;

Et là-haut, dans la lumière immense,
Nous nous sommes trouvés en pleurant
Ô mon cher compagnon de silence ! "

Paul Valéry, "Le Bois amical".

Ici, en musique.




Ne vous inquiétez pas, tout va bien ! :)
J'ai toujours aimé ce poème... Et ces images m'y ont fait penser.
Je découvre la photo autrement : entre photo et peinture... Vous aimez ?

Belle journée à vous !
Cath

dimanche 18 septembre 2011

Femmes en fil



Claudine Meyer a installé ses femmes en fil de fer au Jardin de l'Abbé, à Lunéville, pour l'été : une marche silencieuse, restée mystérieuse, jusqu'aux prémices de l'automne...
"Secrets silences", "fragments d'intime" : l'extérieur et l'intime se mêlent , puisqu'on voit de ces formes humaines tout et rien à la fois. Ces femmes fantômatiques plantées au coeur du petit jardin calme dans la ville lui donnent un air de conspiration, de chuchotement, de confidence...
On s'en retourne avec le sentiment d'avoir déniché, et emporté, un secret, beau à ravir.


mardi 14 juin 2011

Ce matin-là

"Ce matin-là

Dos au monde, face à la nature,

Je fixe cette mer de nuages

Qui peu à peu se dissipe,

Laissant entrevoir quelques arbres.

Seul avec moi-même.

Les sombres rochers à mes pieds

Me rappellent la noirceur de mon âme,

La brise du vent dans les arbres

Me rappelle sa douce voix à mon oreille.

Pourquoi est-elle partie ?

Aussi vite qu'elle est venue,

Comme cette brume qui disparaît

Dès le moindre coup de vent.

Elle est partie comme elle est venue,

Douce et gracieuse,

Belle et précieuse

Comme cette mer de nuages

Qui n'est désormais plus que souvenir."



Poème de mon fils Fabien (13 ans), en réponse à un sujet de rédaction :

"Rédigez un texte lyrique"

avec pour illustration ce tableau de Caspar David Friedrich :

"Le voyageur contemplant une mer de nuages".

jeudi 26 mai 2011

Point de vue

- C'est un champ sauvage, avec quelques pousses en pagaille...

- Mais non ! C'est un champ cultivé, aux plantations rectilignes !

Question de point de vue : selon l'endroit d'où l'on regarde, la vision diffère totalement.

Ce qu'il en est du champ de maïs est observé ailleurs, dans la vie, tous les jours, dans le champ de la communication.


Combien de fois, lorsqu'on est tenté de communiquer, on ne se comprend pas. L'approche de l'un n'est pas celle de l'autre. La perception dépend souvent de l'angle de vue. En l'ignorant, on persiste dans sa manière de voir, on s'entête et on ne peut se comprendre l'un l'autre.

Or, j'ai raison, mais toi aussi, de là où tu es !

Et si on essayait de se mettre à la place de l'autre, de savoir d'où il parle ?

Si j'écoutais ce que tu as à me dire, et comment tu vois les choses ?

Si on faisait le tour du champ, de ton côté et du mien, avant d'en parler ?


Cath

mai 2011

(Je vous assure que ce sont les photos du même champ !)


lundi 2 mai 2011

Quel calme !

Premiers beaux jours. Plaisirs simples du jardin.

Vaquer à ce qui doit être fait, peu à peu : désherber, bêcher, amender, ratisser, planter. Tondre, tailler. Entretenir, surveiller, suivre le cours des choses.

Et puis regarder. S'asseoir un moment, se reposer, et observer.

Quand le regard a tout vu, écouter : quel calme !

Mais quand on écoute un peu plus longuement, le calme est habité de mille petits bruits : piaillements, chants et cris d'oiseaux, vibrations d'insectes, une voiture au loin, des voix d'enfants, les feuilles qui bougent au vent, les grenouilles du bassin qui croassent ou qui plongent, le chat qui joue dans des branchages, et de temps à autre, le clocher qui tinte.

Un voisin qui siffle, qui fait couler de l'eau, le vent tiède qui souffle dans les branches, une abeille près de mon oreille, le bruit d'ailes d'un oiseau qui s'envole, le pépiement de moineaux qui ont l'air de se parler, un coq du voisinage qui donne de la voix, le son grave et sourd, lointain, d'un avion qui passe, invisible dans les hautes sphères...

Les sons se succèdent et se répondent, se suivent et ne sont jamais pareils. Selon l'heure du jour, ils sont rares ou c'est un vrai concert !







Mais quel calme, le jardin...

Cath

mai 2011



jeudi 5 août 2010

Eté




La lumière m'enthousiasme
Le soleil m'enivre
La chaleur m'exalte
Le ciel bleu m'ouvre en grand
Les paysages d'été
Moissons et abondance
Me réjouissent et m'apaisent
Cette saison me remplit
De bien-être et de gourmandise
D'ivresse de vivre !


Cath
été 2010


Photos : Cath,
faites avec un téléphone,
d'où les couleurs un peu approximatives !

mardi 3 novembre 2009

Marais salants de Guérande










Depuis plus de mille ans en Bretagne, l'homme façonne le paysage des marais, en récoltant à la main ce bien précieux issu de la mer, qui n'a rien à voir avec pêche ni poisson, algues ni coquillages : le sel. Grain à grain, saison après saison, le paludier répète les gestes de ses ancêtres : c'est un métier de tradition et de patience, inchangé dans ses techniques et outils depuis le Moyen Âge, sans mécanisation ni produits chimiques. L'écologie, il ne s'en pose pas la question, il la vit au quotidien !

Car, de l'hiver à l'été, il faut algir à la cesse les oeillets de la lotie, bouter et dourer les bassins sans laisser govérer l'eau, adoubler, ourdir et lever les ponts à la lousse à ponter, curer le rai du varzin, entretenir cuve et bardeau, laisser grâler en surveillant l'apparition de draplures, limu, bôle et bigots, et ce, du barbotage à la prise de sel, au boutoué remonter gros sel et fleur de sel sur la ladure et en former un mulon qu'on porte à la salorge...

Si tout ceci vous semble quelque peu... salé, aidez-vous du dictionnaire des marais pour vous... dessaler !

Et pour en savoir un peu plus sur les marais salants de Guérande et les paludiers, voir le site Terre de sel.

Photos : Cath, été 2009
marais de Batz, Guérande et La Turballe

dimanche 23 août 2009

Lumières de Nantes

Un ami m'avait souhaité "d'excellentes vacances, pleines de douceur, de bonheur et de ferveur". Ce dernier mot m'avait intriguée : le repos, la détente, le bien-être, le plaisir, voilà ce qu'on trouve en vacances ; peut-être aussi, me connaissant, l'intérêt pour des paysages, des choses, des gens, des échanges, des moments heureux ou passionnés, oui, pourquoi pas ? Mais la "ferveur" ? J'avais gardé ce mot enfoui en moi, sans trop le comprendre.
Et j'en ai vu de belles choses... je l'ai un peu oublié.

Et puis à Nantes, tout à coup, il m'est revenu : la lumière était éclatante, partout : en pleine ville, au Passage Pommeraye, et puis surtout sur et dans cette basilique St Nicolas (néo-gothique), mettant en valeur le blanc de ses pierres, les couleurs de ses vitraux...

Alors j'ai repensé à la "ferveur", ça m'est revenu d'un coup. Et j'ai compris : la ferveur est partout, dans la lumière, dans la beauté de ce que je perçois, dans ce que je vis pleinement !


Photos : passage Pommeraye, basilique St Nicolas.

dimanche 17 mai 2009

Eaux de mai







Eau de mai
Ode de mai
Au deux mai
Aude aimait
Ô d'aimer
Ehontément
Au démon
Oh, d'aimer
On ne dit non
On ne dit mais
On dément
A deux, mais
A deux mains
A demain...

lundi 18 août 2008

Beauté


Ce qui est étonnant et merveilleux chez l'être humain, c'est sa faculté à percevoir la beauté, son émotion et son plaisir toujours renouvelé de voir le beau.


A y réfléchir, je n'en vois pas l'utilité, dans l'évolution des espèces en général, ni dans celle de l'homme en particulier.
Cette capacité est donc un bonus, un talent gratuit, un cadeau de la nature !


Un cadeau parmi d'autres, car des cadeaux de beauté insensée, la nature en offre tant. Généreusement, gratuitement, sans but ni raison.


Sans réellement que la beauté soit intrinsèque à un paysage, à un coucher de soleil, à la couleur ou l'aspect d'un rocher : la nature n'en a que faire, elle ne se façonne pas selon ce critère.


Le paysage se modèle par l'érosion qui a ses lois, le soleil sa course, la roche sa composition... C'est notre regard qui les traduit en émotion esthétique. Et c'est merveilleux. Cela ne sert à rien, mais c'est le début du bonheur.


A moins que cela serve à donner envie de vivre, de croire, d'espérer, à l'être humain qui en a tant besoin ?

Cath
08 2008

Images : les orgues d'Ille-sur-Tet, Pyrénées Atlantiques.


A écouter :
Beauté, par Gabriel Yacoub