















Photos Cath
28 02 2009
Allain Leprest à Nancy ! Deux ans que j'y pense, depuis qu'un copain me l'a fait découvrir (merci JPK !) : avant, je ne connaissais pas ; mais après, je n'en ai plus décroché. Leprest, c'est comme ça, on se le transmet de bouche à oreille, d'amis en copains qui aiment le verbe et la chanson : c'est une langue belle, une écriture si forte, que l'on en est touché pour longtemps. Mais Allain a dû faire une pause forcée, prendre le large quelque temps... Et il revient à la scène, et il vient à Nancy, à l'Ostra ! Alors cette soirée-là, ce 21 février, il pouvait bien se passer tout ce qu'on veut ailleurs, rien ne me l'aurait fait manquer.
Grande soirée en vérité, car le petit peuple de ses fans (le mot est sans doute inapproprié, mais c'est l'idée) est si heureux de l'accueillir en Lorraine, qu'on l'entoure de plusieurs artistes locaux, pour en faire une soirée généreuse et conviviale, dont on se souviendra.

Alors nous avons eu la poésie toujours fraîche et belle de Jilber et Elise, avec de belles découvertes, de nouveaux morceaux. A suivi l'humour sympathique de Martial Robillard, accompagné un instant par Marcel Van Dam, pour une chanson ancienne délicieuse, et Jean-Phi qui chante pas mal du tout. Et puis le groupe "Tournée Générale" a interprété avec une belle énergie des chansons de Christian Paccoud : Paccoud, encore un sacré bonhomme, ici on l'adore, ça fait plaisir de retrouver ses chansons, par un groupe jeune et plein de fougue.

Et Leprest ? Il arrive, discrètement, du fond de la salle ; tout courbé, il marche et monte l'escalier avec difficulté, au bras de son musicien. Chacun retient son souffle, avec respect et un peu d'appréhension...
Et puis il entre en scène et commence, accompagné au piano :
« J'ai laissé un sac de billes noires
Le grincement gris d'une armoire
(...)
Une tartine de compote d'oranges
Tombée du côté où ça s'mange
Toutes les tartines du monde entier
Tombent toujours du mauvais côté
(...)
Dans le jardin de mes parents
A Mont-Saint-Aignan, près de Rouen »
Bien après, Florent me dira qu'il a fait plus de 20 chansons, j'ai du mal à le croire tant sur le coup elles ne sont pour moi qu'une seule, que je bois.
En y repensant je retrouve les titres, et c'est vrai : de "Mont Saint Aignan" à "Mec", on retrouve "Je viens vous voir", "Good bye Gagarine", "Donne-moi de mes nouvelles", "Nu", "Il pleut sur la mer", "Y a rien qui se passe", "Le temps de finir la bouteille", "Le mime", "Chanson plouf", "Bilou", "La retraite", "Un gamin laid", "Saint Max", "Le père La pouille", "Ton cul est rond", "Je ne te salue pas", "Combien ça coûte", "Sacré coco", "La gitane", "C'est peut-être Mozart" (dans un bel ensemble avec le groupe Tournée Générale). Et j'en oublie peut-être...
(Etonnamment pas de chansons du nouvel album, sorti le mois dernier : mais un nouveau spectacle est en préparation, à partir d'avril.)
Quelle performance ! Et tout cela sans un trou (sauf une toute petite fois, repris avec humour et vite corrigé), sans une hésitation, sans un verre d'eau ni une pause. Toujours les yeux dans les yeux avec le public... Et l'émotion passe, comme une lame de fond, tranquille, bouleversante.
« Nu, j'ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j'avance nu
Dépouillé de mon ombre
J'voulais pas être un nombre
Je le suis devenu ...»
Le verbe se fait parfois gourmand, coquin, pour dire l'amour, joyeux, rond et généreux :
« Ton cul est rond comme une horloge
Et quand ma fatigue s'y loge
J'enfile le temps à rebours
Je mate l'heure sous ta jupe
Il est midi moins deux minutes
Et je suis encore à la bourre... »
Il dit des heures plus dures, le destin cruel, aussi :
« Il pleut sur la mer et ça nous ressemble
De l'eau dans de l'eau, c'est nous tout crachés
Et nos yeux fondus au coeur de septembre
Regardent rouler des larmes gâchées
Curieuse avalanche
Sur la Manche... »
Leprest est au plus près de chacun : c'est ton pote... avec tellement de talent pour le dire !
A la fin, c'est palpable, on ressent quelque chose entre l'amitié et le respect, l'amour et l'admiration. Le public se met debout d'un seul homme, pour l'exprimer comme il peut... et puis se rassied, pour écouter en rappel "Mec", par Allain, seul, a cappella, touchant de vérité, tellement humain :
« Mec, tu dis jamais rien et moi je cause, je cause
Quand j'ai rien à te dire, je te parle de tout
J'fais comme si ton silence racontait la même chose
On préfère les muets quand on a du bagout
On se vend les questions et les mensonges avec, mec ... »
Nouvelle ovation, avant de le laisser... mais pas vraiment : on emporte avec soi cette émotion pour longtemps...
Merci Monsieur Allain Leprest, portez-vous bien. On reviendra vous écouter !
Cath
02 2009
PS : photos Cath : on fait ce qu'on peut, avec si peu de lumière, hélas !
Sinon l'Ostra est une salle très agréable, très conviviale.
Quelques vidéos ici, de qualité très moyenne, mais c'est pour le partage :
- "Saint Max"- "Le temps de finir la bouteille"
- "C'est peut-être Mozart"


Balade pré-printanière dans le parc du château de Lunéville, « les Bosquets ».
Les premiers rayons de soleil sont bien pâles, mais si attendus... On ne résiste pas à leur appel !
Ils n'ont pas tout fait fondre, le sol est gorgé de froid encore, l'air aussi. Les ombres sont longues, et la lumière douce...
« La nuit couvrant son visage d'un voile », statue de Barthélémy Guibal pour Léopold (1720 environ).
Un banc invitant...
Quelques suspensions dans un arbre : art contemporain...« comptant pour rien », commentent mes gamins facétieux !
Les travaux de restauration du château pour tourner la page de l'incendie avancent, ils devraient s'accélérer en 2009 pour se terminer en 2016.
« Le ciel est, par-dessus le toit,
Photos : Cath
février 2009

C'est le sort des humains, d'être en quête infinie, éperdue, d'un alter ego... et de ne jamais le trouver.
Ce serait si bon, d'être enfin compris, entièrement, d'emblée. C'est un rêve toujours recommencé.
Mais chacun ne voit le monde que de l'intérieur de sa peau, de ses yeux, de ses tripes. Et l'autre est toujours autre.
Alors pour se rencontrer, il faut s'expliquer, s'écouter, s'appliquer. Comme on peut, et bien imparfaitement.
Et parfois, le temps d'un rêve éveillé... ou plus durablement, on le touche du doigt. Un autre qui nous comprend. Que l'on comprend.
Avec et malgré nos différences, entrer en résonance.
C'est une lumière dans la nuit, une flamme, un feu qui luit ! Alors on le protège, on le nourrit, on souffle dessus pour le garder.
Tout est si froid quand il s'éteint...
Ou bien c'est une étoile qui vient de naître : elle brille pour longtemps ! Même à travers pluie, nuées et brouillard... Mais j'aime mieux les nuits claires, au ciel étoilé.
Cath
01 2009
Photo : Luc Viatour, Les Pléiades
(Merci Luc, pour ces clichés toujours si magnifiques !)
La rue est à nous !
Le peintre de Pornic est toujours émerveillé par le sud de la Bretagne où il vit, et les paysages de terre et de mer de sa région d'adoption lui sont une perpétuelle source d'inspiration.
Paysage modelé par l'homme, les marais salants ont une géométrie douce et reposante, parsemée de petits tas de sel, comme autant de symboles de l'abondance des ressources de la terre et de la mer... Le village de maisons bretonnes compose un horizon proche, rassurant, solide... et un peu fermé. Ce qui m'émeut dans ce tableau, c'est son ouverture vers l'évasion, qui tient à des détails : les lignes de fuite des bordures des marais, un soupçon de nuage esquissé en plein ciel, les herbes folles au premier plan, le blanc presque trop lumineux du tas de sel et son reflet dans l'eau...
Ainsi, les deux versions de ce Don Quichotte nous parlent différemment, d'une version à l'autre il prend forme et allure, il a un tout autre regard et de plus en plus d'assurance.
Yves s'essaie à un autre exercice, la nature morte. Il en est coutumier je pense, mais pas moi. Ce n'est pas habituellement le style de tableau que je préfère, ces trop classiques scènes d'objets, fruits ou fleurs rassemblés, je trouve ça un peu triste. Et cependant, j'adore celui-ci ! Il renouvelle le genre, il a quelque chose de moderne, de vivant, de tactile, de gourmand, d'espiègle même : est-ce la pièce de poterie ronde et brillante, d'un vert claquant, la disposition des fruits qui n'a pas une allure centrée ou ordonnée, la transparence de leur superposition, le rouge orangé du fond ? J'aime beaucoup le regarder ce tableau, je ne m'en lasse pas !


Oui oui, je sais, c'est pas juste. C'est à se demander si c'est bien normal. C'est même à peine croyable, toujours les mêmes qui ont de la chance ! Et l'audace de s'en vanter, en plus ! C'est pas possible, c'est pas mérité :
- Non mais, j'en crois pas mes yeux, ça va être ça, le ton de ce blog, en 2009 ?
- Et bien, pourquoi pas ? Du neuf et du vieux, du léger et du lourd : ouvrez la porte, on ne va pas s'enfermer !!!
Et d'abord, ouvrons la porte pour une sortie, samedi soir, à ne pas manquer : Frédéric Truong en concert à la Douëra de Malzéville. Ce garçon et son groupe, c'est une merveille de talent, sûr et discret, si vous ne le connaissez pas et si vous habitez à moins de 100 km de Nancy, précipitez-vous ! De la pop intimiste, ça pourrait le définir, mais c'est bien insuffisant pour décrire l'élégance de ses chansons, le raffinement des mélodies et des textes : je vous promets un moment rare et délicieux.
Et puis la Douëra, c'est un endroit magique, superbe et chaleureux, unique. A bientôt alors ?!
Cath
15 01 2009
Photos : - guirlande de fêtes et gui de l'an neuf. (Cette guirlande est bonne à ranger d'ailleurs, fini le temps des fêtes ! Et le gui ? Ah non, on le garde toute l'année... pour le bonheur !)
- Frédéric Truong, CD 2008 (photo FT) et en concert (photo CGP)


Pour un peu de lumière
Je donnerais les présents
Que je vois en passant aux vitrines des marchands
Pour un peu de chaleur
Je donnerais les richesses
Que je n'envie pas certes aux fortunes des puissants !
Et puisque de ce jour
Jusqu'aux longs mois d'hiver et de printemps
Il fera de plus en plus jour
Chaque matin et chaque soir plus longtemps
Voici venu le temps de croire
Voici venu le temps de l'espoir !
Complètement anachronique
Anarchique et fantasmagorique
Hors de tout des aléas des feux de l'actualité
L'espérance humaine n'a ni sens ni finalité
Elle est assez invraisemblable
Mais chevillée au corps
A la vie à la mort
Elle est juste... indispensable !
Quelle que soit la vôtre, et vos croyances...
Joyeux solstice, bon Noël, heureuse période de fêtes à chacun !
Et un peu de lumière à qui en a besoin.
Cath
21 12 2008
Photo : Place Léopold, Lunéville, 12 2008
