dimanche 1 mars 2009

Balade pré-printanière

En images et peu de mots : prendre une grande inspiration, et laisser entrer l'air et le ciel bleu...


















Photos Cath
28 02 2009

jeudi 26 février 2009

Allain Leprest

Allain Leprest à Nancy ! Deux ans que j'y pense, depuis qu'un copain me l'a fait découvrir (merci JPK !) : avant, je ne connaissais pas ; mais après, je n'en ai plus décroché. Leprest, c'est comme ça, on se le transmet de bouche à oreille, d'amis en copains qui aiment le verbe et la chanson : c'est une langue belle, une écriture si forte, que l'on en est touché pour longtemps.

Mais Allain a dû faire une pause forcée, prendre le large quelque temps... Et il revient à la scène, et il vient à Nancy, à l'Ostra ! Alors cette soirée-là, ce 21 février, il pouvait bien se passer tout ce qu'on veut ailleurs, rien ne me l'aurait fait manquer.

Grande soirée en vérité, car le petit peuple de ses fans (le mot est sans doute inapproprié, mais c'est l'idée) est si heureux de l'accueillir en Lorraine, qu'on l'entoure de plusieurs artistes locaux, pour en faire une soirée généreuse et conviviale, dont on se souviendra.

Alors nous avons eu la poésie toujours fraîche et belle de Jilber et Elise, avec de belles découvertes, de nouveaux morceaux. A suivi l'humour sympathique de Martial Robillard, accompagné un instant par Marcel Van Dam, pour une chanson ancienne délicieuse, et Jean-Phi qui chante pas mal du tout. Et puis le groupe "Tournée Générale" a interprété avec une belle énergie des chansons de Christian Paccoud : Paccoud, encore un sacré bonhomme, ici on l'adore, ça fait plaisir de retrouver ses chansons, par un groupe jeune et plein de fougue.

Et Leprest ? Il arrive, discrètement, du fond de la salle ; tout courbé, il marche et monte l'escalier avec difficulté, au bras de son musicien. Chacun retient son souffle, avec respect et un peu d'appréhension...

Et puis il entre en scène et commence, accompagné au piano :

« J'ai laissé un sac de billes noires
Le grincement gris d'une armoire
(...)
Une tartine de compote d'oranges
Tombée du côté où ça s'mange
Toutes les tartines du monde entier
Tombent toujours du mauvais côté
(...)
Dans le jardin de mes parents
A Mont-Saint-Aignan, près de Rouen »


Et il est transfiguré : ce n'est plus un petit homme voûté, à son micro il est debout, il est grand, le regard brille, il est beau ! Quel interprète ! La voix est un peu râpeuse - elle l'a toujours été - elle se fait plus douce peut-être, mais bien assurée, et elle véhicule si bien les mots choisis. Quels textes ! On les connaît mais on se régale de les entendre de la bouche de leur auteur. Ils sont mis en musique, mis en valeur, avec évidence, par Romain Didier souvent, d'autres aussi dont Léo Nissim, le magnifique pianiste qui l'accompagne ce soir avec talent et une belle complicité. Allain a une qualité d'interprétation que je découvre, je suis habituée à une écoute plus austère, en disque. Il a une belle gestuelle, dosée, fine, pleine de sens. Son regard pétille, il fait passer la passion, il est tellement dans chaque chanson qu'il nous y plonge avec fascination. Il a une présence impressionnante, dégage une énergie douce, qui nous gagne. Je l'écoute avidement, je ne vois pas passer le temps.

Bien après, Florent me dira qu'il a fait plus de 20 chansons, j'ai du mal à le croire tant sur le coup elles ne sont pour moi qu'une seule, que je bois.

En y repensant je retrouve les titres, et c'est vrai : de "Mont Saint Aignan" à "Mec", on retrouve "Je viens vous voir", "Good bye Gagarine", "Donne-moi de mes nouvelles", "Nu", "Il pleut sur la mer", "Y a rien qui se passe", "Le temps de finir la bouteille", "Le mime", "Chanson plouf", "Bilou", "La retraite", "Un gamin laid", "Saint Max", "Le père La pouille", "Ton cul est rond", "Je ne te salue pas", "Combien ça coûte", "Sacré coco", "La gitane", "C'est peut-être Mozart" (dans un bel ensemble avec le groupe Tournée Générale). Et j'en oublie peut-être...

(Etonnamment pas de chansons du nouvel album, sorti le mois dernier : mais un nouveau spectacle est en préparation, à partir d'avril.)

Quelle performance ! Et tout cela sans un trou (sauf une toute petite fois, repris avec humour et vite corrigé), sans une hésitation, sans un verre d'eau ni une pause. Toujours les yeux dans les yeux avec le public... Et l'émotion passe, comme une lame de fond, tranquille, bouleversante.

« Nu, j'ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j'avance nu
Dépouillé de mon ombre
J'voulais pas être un nombre
Je le suis devenu ...»

Le verbe se fait parfois gourmand, coquin, pour dire l'amour, joyeux, rond et généreux :

« Ton cul est rond comme une horloge
Et quand ma fatigue s'y loge
J'enfile le temps à rebours
Je mate l'heure sous ta jupe
Il est midi moins deux minutes
Et je suis encore à la bourre... »

Il dit des heures plus dures, le destin cruel, aussi :

« Il pleut sur la mer et ça nous ressemble
De l'eau dans de l'eau, c'est nous tout crachés
Et nos yeux fondus au coeur de septembre
Regardent rouler des larmes gâchées
Curieuse avalanche
Sur la Manche... »

Leprest est au plus près de chacun : c'est ton pote... avec tellement de talent pour le dire !
A la fin, c'est palpable, on ressent quelque chose entre l'amitié et le respect, l'amour et l'admiration. Le public se met debout d'un seul homme, pour l'exprimer comme il peut... et puis se rassied, pour écouter en rappel "Mec", par Allain, seul, a cappella, touchant de vérité, tellement humain :

« Mec, tu dis jamais rien et moi je cause, je cause
Quand j'ai rien à te dire, je te parle de tout
J'fais comme si ton silence racontait la même chose
On préfère les muets quand on a du bagout
On se vend les questions et les mensonges avec, mec ... »

Nouvelle ovation, avant de le laisser... mais pas vraiment : on emporte avec soi cette émotion pour longtemps...

Merci Monsieur Allain Leprest, portez-vous bien. On reviendra vous écouter !

Cath
02 2009

PS : photos Cath : on fait ce qu'on peut, avec si peu de lumière, hélas !
Sinon l'Ostra est une salle très agréable, très conviviale.

Quelques vidéos ici, de qualité très moyenne, mais c'est pour le partage :

- "Saint Max"
- "Nu"

- "Le temps de finir la bouteille"
- "C'est peut-être Mozart"



vendredi 20 février 2009

Longueur d'onde


Génial, non ? J'aime beaucoup cet article.

Il est de Serge Boyer. C'est l'édito du magazine musical "Sur la même longueur d'ondes" de ce trimestre.
Je salue son auteur, et la revue car c'est une mine de chroniques, interviews, infos, articles divers sur la musique. Je ne lis pas toujours tout, mais j'y trouve toujours quelque chose !
Et l'humour et un zeste d'impertinence en plus : j'aime bien aussi l'article de fin de revue, de Jean-Luc Eluard, sur le progrès... qu'on n'arrête pas, bien sûr !

Cath
02 2009

dimanche 15 février 2009

Balade aux Bosquets

Balade pré-printanière dans le parc du château de Lunéville, « les Bosquets ».


Les premiers rayons de soleil sont bien pâles, mais si attendus... On ne résiste pas à leur appel !

Ils n'ont pas tout fait fondre, le sol est gorgé de froid encore, l'air aussi. Les ombres sont longues, et la lumière douce...
L'après-midi frémit et s'étire, comme nos pas.

« La nuit couvrant son visage d'un voile », statue de Barthélémy Guibal pour Léopold (1720 environ).

Un banc invitant...

Quelques suspensions dans un arbre : art contemporain...« comptant pour rien », commentent mes gamins facétieux !


Les travaux de restauration du château pour tourner la page de l'incendie avancent, ils devraient s'accélérer en 2009 pour se terminer en 2016.





« Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme... »
(Verlaine)

Photos : Cath
février 2009


lundi 9 février 2009

Alter ego

Bien sûr, on est différents. Toi, et moi. Et tous les autres.

C'est le sort des humains, d'être en quête infinie, éperdue, d'un alter ego... et de ne jamais le trouver.

Ce serait si bon, d'être enfin compris, entièrement, d'emblée. C'est un rêve toujours recommencé.

Mais chacun ne voit le monde que de l'intérieur de sa peau, de ses yeux, de ses tripes. Et l'autre est toujours autre.

Alors pour se rencontrer, il faut s'expliquer, s'écouter, s'appliquer. Comme on peut, et bien imparfaitement.

Et parfois, le temps d'un rêve éveillé... ou plus durablement, on le touche du doigt. Un autre qui nous comprend. Que l'on comprend.
Avec et malgré nos différences, entrer en résonance.

C'est une lumière dans la nuit, une flamme, un feu qui luit ! Alors on le protège, on le nourrit, on souffle dessus pour le garder.

Tout est si froid quand il s'éteint...

Ou bien c'est une étoile qui vient de naître : elle brille pour longtemps ! Même à travers pluie, nuées et brouillard... Mais j'aime mieux les nuits claires, au ciel étoilé.

Cath
01 2009


Photo : Luc Viatour, Les Pléiades
(Merci Luc, pour ces clichés toujours si magnifiques !)


jeudi 29 janvier 2009

Pas contents

La rue est à nous !
On était 25000 à Nancy, deux millions en France : la manifestation de ce jeudi a noirci les pavés des villes un peu partout !
La place Stanislas a rarement été aussi peuplée que cet après-midi, on y affluait de partout, se regroupant par famille syndicale ou professionnelle : le social, l'éducatif bien représentés, profs et lycéens, ainsi que la santé, la fonction publique et les syndicats de salariés de tous bords, les groupes politiques de gauche, et même des magistrats, ce qui est rare... (sauf depuis un moment)!
La foule s'est déversée dans toute la ville en un long ruban dense, bruyant mais sans heurts, déterminé.
Pour dire le ras-le-bol à l'injustice des choix politiques faits qui ont pour conséquence de démanteler les services publics en arrosant le privé, sans garantir l'emploi mais seulement préserver les profits. Pour dire l'attachement à l'emploi salarié, au services publics, à une juste répartition selon les besoins du plus grand nombre...
Non au tout sécuritaire, on est des citoyens, pas des délinquants potentiels !

Liberté, égalité, fraternité... quoi : ce que l'on croit (encore) être notre devise !

Cath
29 01 2009

lundi 26 janvier 2009

Yves Borredon, les couleurs de la vie : nouvelles toiles

Je vous avais présenté, de ses débuts à aujourd'hui, la peinture d'Yves Borredon, pour laquelle j'ai un vrai coup de coeur : « de l'ombre à la lumière ».
Depuis, Yves m'a fait l'amitié de me faire découvrir ses travaux en cours, et d'autres tableaux récents. Voici donc en partage une sélection de ses nouvelles toiles, un peu à la manière d'une expo.

Le peintre de Pornic est toujours émerveillé par le sud de la Bretagne où il vit, et les paysages de terre et de mer de sa région d'adoption lui sont une perpétuelle source d'inspiration.
Devant le château de Pornic, beau comme dans un conte de fée, une brassée de petits cotres multicolores attendent le départ : il y a quelque chose d'insouciant dans ce tableau, de naïf et vrai comme du bonheur simple, au premier abord. Puis les nuances du ciel et de la pierre, celles des reflets dans l'eau, lui ajoutent de la profondeur.

« Le bateau rouge » a une sorte d'insolence qui le fait remarquer. Ici les proportions s'inversent : le château semble solide, mais le voilier est plus imposant encore, qui lui passe devant. Il n'y a plus de doute, sans complexe l'imaginaire passe avant la réalité : ce bateau à la coque rouge, aux voiles affûtées comme des lames, c'est la passion assurément, ou la révolution ! Seuls l'eau, qui ne parait nullement troublée, le calme de l'atmosphère de l'ensemble, font penser que ce n'est qu'un rêve fugitif, et que la vie reste sereine...
J'aime bien observer, dans ce tableau comme dans d'autres, la texture de la peinture, différente pour rendre la coque en bois peint, les pierres du château, la végétation, l'eau ou le ciel.

Paysage modelé par l'homme, les marais salants ont une géométrie douce et reposante, parsemée de petits tas de sel, comme autant de symboles de l'abondance des ressources de la terre et de la mer... Le village de maisons bretonnes compose un horizon proche, rassurant, solide... et un peu fermé. Ce qui m'émeut dans ce tableau, c'est son ouverture vers l'évasion, qui tient à des détails : les lignes de fuite des bordures des marais, un soupçon de nuage esquissé en plein ciel, les herbes folles au premier plan, le blanc presque trop lumineux du tas de sel et son reflet dans l'eau...

Autre paysage de Brière, ces barques au repos semblent prêtes à partir, et l'horizon s'ouvre vers le lointain. Le ciel est nuageux, mais lumineux comme l'ensemble, l'eau surtout : on retrouve dans le choix des couleurs le mystère et la magie de la lumière de Bretagne. La végétation des berges est stylisée, presque abstraite, très libre.
L'eau, l'air, la terre, et les embarcations pour s'y balader : cette toile est une invitation à la rêverie.

Et si l'on entrait dans l'atelier du peintre... On aurait peut-être la chance d'apercevoir un travail en cours ! Découvrir les étapes d'une toile, de l'esquisse au tableau fini, est un film passionnant.

L'apparition de La Rochelle et des bateaux comme sortant de la brume est saisissante, ainsi que l'évolution du rendu de l'eau, et de ses reflets à l'état final.

Le paysage se construit et la scène s'affirme sous nos yeux, il nous semble entendre le bruissement du port et le clapotis de l'eau.

Les coques multicolores, resserrées comme les habitations, n'ont qu'un mât esquissé et pas de voile, comme si le clocher et les tours de la ville en tenaient lieu.


Il est une autre source d'inspiration pour le peintre, sans laquelle l'oeuvre ne serait pas aussi riche : les humains. Yves peint des personnages qui l'ont marqué à divers titres dans sa vie, dans la réalité ou dans son imaginaire.

« L'intervention », peut-on supposer, est un règlement de comptes avec un épisode douloureux. On y voit des hommes en bleu, entre ombre et lumière, sans regard, mais leur visage exprime une intense concentration. Etonnamment, il n'y a ni rouge ni sang dans cet univers médical, comme si le souvenir voulait estomper, effacer la réalité... ou la cicatriser.

La passion de peindre, c'est aussi faire et refaire une oeuvre, sur un même thème d'inspiration ou le même sujet, pour le rendre autrement, mieux, ou avec un autre angle d'approche, une autre nuance de technique ou de sens.

Ainsi, les deux versions de ce Don Quichotte nous parlent différemment, d'une version à l'autre il prend forme et allure, il a un tout autre regard et de plus en plus d'assurance.

Cette dualité n'est-elle pas intrinsèque au personnage, à la fois plein de fougue et de tourments ?


Ainsi Yves peint deux portraits de clowns, mais avec une finalité différente.

Le clown gai est comme saisi en pleine action, en plein jeu sur la piste, à côté d'un projecteur de lumière. J'aime son regard joyeux et généreux.

Le clown plus grave est lui un autoportrait, au regard rêveur, tout en sensibilité et interrogations. Le visage est très travaillé, le fond rouge avec ses tons fondus me fait penser à des roses.

Yves fait le portrait d'une amie potière en plein travail. Je trouve la scène émouvante : le clair-obscur, le regard, l'attitude convergent vers l'objet en création. On sent le geste sûr, mille fois répété et cependant toujours nouveau, offrant la même attention à chaque pièce tournée. Le tableau est plein de rondeur, rondeur du tour et des poteries, gestes arrondis... Il dégage une atmosphère chaude et ample, à la fois active et sereine, comme le travail de la terre.

Exercice de style, par attirance pour une oeuvre ou envie de se confronter à d'autres manières de peindre, Yves reproduit des tableaux de peintres qu'il admire, comme cette Noce de Toffoli. Les personnages principaux sont dans un rond de lumière, comme sur une scène de théâtre. La mariée, longiligne, toute drapée de blanc, est éblouissante, presque transparente, évanescente. Tous les regards se tournent vers elle. Les hommes font la cérémonie et la fête, symbolisées par deux-trois accessoires : un livre, un verre, un accordéon. Une femme vêtue de sombre est assise derrière la mariée, elle paraît plus âgée, un peu en retrait, méditative ou mélancolique, résignée : peut-être que la jeune mariée la quitte pour aller vers le monde, faire sa vie.

Yves s'essaie à un autre exercice, la nature morte. Il en est coutumier je pense, mais pas moi. Ce n'est pas habituellement le style de tableau que je préfère, ces trop classiques scènes d'objets, fruits ou fleurs rassemblés, je trouve ça un peu triste. Et cependant, j'adore celui-ci ! Il renouvelle le genre, il a quelque chose de moderne, de vivant, de tactile, de gourmand, d'espiègle même : est-ce la pièce de poterie ronde et brillante, d'un vert claquant, la disposition des fruits qui n'a pas une allure centrée ou ordonnée, la transparence de leur superposition, le rouge orangé du fond ? J'aime beaucoup le regarder ce tableau, je ne m'en lasse pas !

Merci Yves, de nous faire voir le monde à tes couleurs : y entrer, découvrir un tableau, c'est à chaque fois une surprise, une belle émotion.

Et vous, l'expo vous a-t-elle plu, avez-vous des préférences ?

D'autres toiles à voir, sur la page d'Yves, ici : (diaporamas et section "photos").

Cath
01 2009

Liste des tableaux :
1/ Autour du château, 2007
2/ Le bateau rouge, 2007
3/ Marais salants, 2008
4/ Les barques en Brière, juillet 2008
5/ La Rochelle, juillet 2008 (2 esquisses et tableau)
6/ L'intervention, mai 2008
7/ Don Quichotte, 2008
8/ Don Quichotte 2, septembre 2008
9/ Le clown 2, août 2008
10/ Le clown, août 2008
11/ Brigitte la potière, novembre 2008
12/ La noce d'après Toffoli, décembre 2008
13/ Nature morte, décembre 2008

dimanche 25 janvier 2009

Touchée



Touchée par l'émotion d'un mot gentil, d'un échange, d'une situation qui fait vibrer... bien sûr que j'y suis sensible, ô combien : cela fait l'essentiel de ce qui nous meut dans la vie.

Mais je veux parler d'autre chose, d'être touchée, physiquement, et c'est essentiel aussi, et parfois on l'oublie. Par fatigue ou par stress, parce qu'on en a trop fait ou pas assez avec son corps, parce qu'on est occupé ailleurs, on néglige ce que le corps réclame. Il nous le rappelle en grinçant, en douleurs plus ou moins criantes, raideur du dos, tensions dans les reins ou les épaules, la nuque, ou simple malaise général, impression diffuse de mal habiter son corps.
Il faut bouger : marcher, danser, se mouvoir, selon ses envies et possibilités, le mouvement c'est la vie ! Je ne suis pas une grande sportive de nature. Mais entre danse, gym d'assouplissement, marche quelquefois, je trouve le moyen de vivre mon corps en mouvement, et c'est vital.
Mais ce n'est pas suffisant. Pour apaiser et dénouer ce corps endolori, il faut le toucher. Le masser le frotter le caresser, d'une main chaude et douce ou plus ferme. Partout, et surtout là où il en a le plus besoin. C'est le corps qui le dit, ou le masseur qui le perçoit, avec ses connaissances ou son ressenti.
Je n'ai pas souvent eu l'occasion d'être massée par un professionnel du massage : j'apprécie le bien-être qui en découle, mais c'est un luxe rare.
Je connais plutôt le massage amical ou tendre, pas expert mais qui fait du bien, entre toucher et caresse. Et puis l'auto-massage instinctif, chaque fois que la douleur le réclame, ou celui de la douche chaude et bienfaisante, les soins du corps et de la peau qui font savonner, gommer, frotter, sécher, enduire d'huile ou de crème... Tous ces gestes font toucher le corps, son enveloppe, la peau.
Et avant même que le massage en profondeur détende les muscles et tout l'organisme, rien que ce toucher me fait reprendre conscience des contours de mon corps. Alors il me semble le retrouver ; je me réconcilie avec lui, je l'apprivoise à nouveau, je l'habite pleinement : je revis !

« Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau. » (Paul Valéry)

Touchée.

Cath
01 2009


Photo : Cré@d'Oc

samedi 17 janvier 2009

Ton monde en couleurs





Tu vis le regard aux aguets
D'un paysage d'un ciel de mai
D'un voilier au large ou à quai
D'un arbre une scène ou un objet
Pour en capter la vérité
Tenter d'en rendre la beauté
Par un tableau une aquarelle
Mettre à la vie des étincelles
Figer l'éclat d'une lumière
Rendre palpable une atmosphère

Dessiner l'horizon sur toile
C'est y ajouter des étoiles
Peindre la vie en mille couleurs
C'est la traduire avec le coeur

Et ton regard refait le monde
En taches en formes plus ou moins rondes
Tu le transformes à tes couleurs
A tes soucis à tes bonheurs
Tu jettes sur la toile tes ombres
Peines et tourments en tons plus sombres
Où l'âme trouve la sérénité
Le tracé gagne en sûreté
Où l'horizon du coeur s'éclaire
Le pinceau recrée la lumière

Dessiner l'horizon sur toile
C'est y ajouter des étoiles
Peindre la vie en mille couleurs
C'est la traduire avec le coeur

Tu es en éveil en émoi
Toujours un projet avec toi
Une envie une idée déclenchent
Deux traits d'esquisse sur toile blanche
Tu cherches le ton, le trait s'affine
Alors la nuance illumine
La couleur que tu veux donner
A ce visage, à ce bouquet
L'instant vécu, une émotion
Valent bien quête de perfection

Paroles Catherine Ginefri-Poret
Musique Yves Borredon
Tous droits réservés 01 2009

La peinture d'Yves valait bien une chanson... A partir de ce qu'elle m'évoque, mais aussi de ce qu'il en dit, j'ai essayé de traduire ce qu'elle exprime et comment il la vit. Il a mis ce texte en musique pour en faire une chanson. C'était un plaisir de la faire !

jeudi 15 janvier 2009

Trop beau

Oui oui, je sais, c'est pas juste. C'est à se demander si c'est bien normal. C'est même à peine croyable, toujours les mêmes qui ont de la chance ! Et l'audace de s'en vanter, en plus ! C'est pas possible, c'est pas mérité :

JE SUIS EN RTT DEMAIN !!!
Et mon boulot ? Oh oui, non, ça va, ça va pas mal de ce côté-là, merci.
Mais cette RTT, ça me fait sauter de joie !

- Non mais, j'en crois pas mes yeux, ça va être ça, le ton de ce blog, en 2009 ?

- Et bien, pourquoi pas ? Du neuf et du vieux, du léger et du lourd : ouvrez la porte, on ne va pas s'enfermer !!!


Et d'abord, ouvrons la porte pour une sortie, samedi soir, à ne pas manquer : Frédéric Truong en concert à la Douëra de Malzéville. Ce garçon et son groupe, c'est une merveille de talent, sûr et discret, si vous ne le connaissez pas et si vous habitez à moins de 100 km de Nancy, précipitez-vous ! De la pop intimiste, ça pourrait le définir, mais c'est bien insuffisant pour décrire l'élégance de ses chansons, le raffinement des mélodies et des textes : je vous promets un moment rare et délicieux.

Et puis la Douëra, c'est un endroit magique, superbe et chaleureux, unique.

A bientôt alors ?!

Cath
15 01 2009

Photos : - guirlande de fêtes et gui de l'an neuf. (Cette guirlande est bonne à ranger d'ailleurs, fini le temps des fêtes ! Et le gui ? Ah non, on le garde toute l'année... pour le bonheur !)
- Frédéric Truong, CD 2008 (photo FT) et en concert (photo CGP)

mercredi 31 décembre 2008

2009



Pourquoi est-ce magique à chaque fois ?
Je ne sais pas.
Le soleil se couche derrière une colline à l'ouest, se lève, surgissant d'une autre à l'est, et ce depuis la nuit des temps... Et c'est toujours un émerveillement.

L'année nouvelle est un non-événement encore plus excitant !
Juste un chiffre qui tombe, et l'on fait le bilan d'une période, un nombre qui change, et l'espoir renaît de ce nouveau futur.

Que l'an « deux mille tout neuf » vous soit, nous soit donc lumineux et limpide, et comme on dit si joliment en Corse : « pace e salute* » ! pour le monde entier.

Cath

* soit "paix et santé", mais pas seulement, il y a une grande bienveillance, de la fraternité dans ce salut.

Photo : lever de soleil en Lorraine, 30 12 2008.

dimanche 21 décembre 2008

Un peu de lumière

Pour un peu de lumière
Je donnerais les présents
Que je vois en passant aux vitrines des marchands
Pour un peu de chaleur
Je donnerais les richesses
Que je n'envie pas certes aux fortunes des puissants !

Et puisque de ce jour
Jusqu'aux longs mois d'hiver et de printemps
Il fera de plus en plus jour
Chaque matin et chaque soir plus longtemps
Voici venu le temps de croire
Voici venu le temps de l'espoir !

Complètement anachronique
Anarchique et fantasmagorique
Hors de tout des aléas des feux de l'actualité
L'espérance humaine n'a ni sens ni finalité
Elle est assez invraisemblable
Mais chevillée au corps
A la vie à la mort
Elle est juste... indispensable !


Quelle que soit la vôtre, et vos croyances...

Joyeux solstice, bon Noël, heureuse période de fêtes à chacun !

Et un peu de lumière à qui en a besoin.

Cath
21 12 2008


Photo : Place Léopold, Lunéville, 12 2008


dimanche 7 décembre 2008

Une question de regard





C'est une question de regard
Juste une question de regard
Le tien garde son silence
Mais il est plein de confiance
Alors je sais qu'il est tard
Je m'en remets au hasard
Entre tes bras en corbeille
Je laisse venir le sommeil
J'y réfléchirai demain
J'aurai le jour dans les mains
Et les idées bien plus claires
Au matin dans la lumière

C'est une question de patience
Juste une question de patience
Tu m'écoutes et tu attends
Il me faut un peu de temps
Mais tout sortira de l'ombre
Les mots et les idées sombres
Là où le cerveau s'embrume
Dans la colère ou l'écume
Où tout ce qu'on ne dit pas
Viendra peut-être pas à pas
Et le fil se déliera
L'écheveau se dénouera

C'est une question de présence
Juste une question de présence
Et je vais beaucoup plus loin
Ton regard me tient la main
Il me porte et me soutient
C'est un vent de trois fois rien
C'est un souffle de confiance
Qui me fait libre et j'avance
J’hésite, mais je crois en toi
Je sens que je deviens moi
Juste par un regard clair
Qui me rend le ciel ouvert

Paroles Catherine Ginefri-Poret & François-Marie Gerard
Musique et interprétation François-Marie Gerard
Tous droits réservés 12 2008



Il est des rencontres qui font avancer, des relations qui sont constructives. Elles ne sont pas très nombreuses. On les reconnaît quand on les touche du doigt. Elles nous aident à vivre. Parfois ce n'est qu'un moment... mais juste au bon moment.

Je n'avais pas consciemment le projet d'écrire là-dessus. Une partie de ce texte m'est venue sans réfléchir. C'était une ébauche. Je l'ai partagée avec François-Marie : ça lui a parlé. Il a proposé des ajouts, des modifications, moi aussi. C'est un texte écrit à deux. Et il a eu envie de le mettre en musique. C'est devenu une évidence : une chanson !

J'espère que vous trouverez, à l'écouter, le plaisir qu'on a eu à la faire !


Cath
12 2008

D'autres titres de François-Marie, en écoute ici, et sur son site :
http://www.fmgerard.be/
Voir aussi son blog : Réverbères.