jeudi 29 janvier 2009

Pas contents

La rue est à nous !
On était 25000 à Nancy, deux millions en France : la manifestation de ce jeudi a noirci les pavés des villes un peu partout !
La place Stanislas a rarement été aussi peuplée que cet après-midi, on y affluait de partout, se regroupant par famille syndicale ou professionnelle : le social, l'éducatif bien représentés, profs et lycéens, ainsi que la santé, la fonction publique et les syndicats de salariés de tous bords, les groupes politiques de gauche, et même des magistrats, ce qui est rare... (sauf depuis un moment)!
La foule s'est déversée dans toute la ville en un long ruban dense, bruyant mais sans heurts, déterminé.
Pour dire le ras-le-bol à l'injustice des choix politiques faits qui ont pour conséquence de démanteler les services publics en arrosant le privé, sans garantir l'emploi mais seulement préserver les profits. Pour dire l'attachement à l'emploi salarié, au services publics, à une juste répartition selon les besoins du plus grand nombre...
Non au tout sécuritaire, on est des citoyens, pas des délinquants potentiels !

Liberté, égalité, fraternité... quoi : ce que l'on croit (encore) être notre devise !

Cath
29 01 2009

lundi 26 janvier 2009

Yves Borredon, les couleurs de la vie : nouvelles toiles

Je vous avais présenté, de ses débuts à aujourd'hui, la peinture d'Yves Borredon, pour laquelle j'ai un vrai coup de coeur : « de l'ombre à la lumière ».
Depuis, Yves m'a fait l'amitié de me faire découvrir ses travaux en cours, et d'autres tableaux récents. Voici donc en partage une sélection de ses nouvelles toiles, un peu à la manière d'une expo.

Le peintre de Pornic est toujours émerveillé par le sud de la Bretagne où il vit, et les paysages de terre et de mer de sa région d'adoption lui sont une perpétuelle source d'inspiration.
Devant le château de Pornic, beau comme dans un conte de fée, une brassée de petits cotres multicolores attendent le départ : il y a quelque chose d'insouciant dans ce tableau, de naïf et vrai comme du bonheur simple, au premier abord. Puis les nuances du ciel et de la pierre, celles des reflets dans l'eau, lui ajoutent de la profondeur.

« Le bateau rouge » a une sorte d'insolence qui le fait remarquer. Ici les proportions s'inversent : le château semble solide, mais le voilier est plus imposant encore, qui lui passe devant. Il n'y a plus de doute, sans complexe l'imaginaire passe avant la réalité : ce bateau à la coque rouge, aux voiles affûtées comme des lames, c'est la passion assurément, ou la révolution ! Seuls l'eau, qui ne parait nullement troublée, le calme de l'atmosphère de l'ensemble, font penser que ce n'est qu'un rêve fugitif, et que la vie reste sereine...
J'aime bien observer, dans ce tableau comme dans d'autres, la texture de la peinture, différente pour rendre la coque en bois peint, les pierres du château, la végétation, l'eau ou le ciel.

Paysage modelé par l'homme, les marais salants ont une géométrie douce et reposante, parsemée de petits tas de sel, comme autant de symboles de l'abondance des ressources de la terre et de la mer... Le village de maisons bretonnes compose un horizon proche, rassurant, solide... et un peu fermé. Ce qui m'émeut dans ce tableau, c'est son ouverture vers l'évasion, qui tient à des détails : les lignes de fuite des bordures des marais, un soupçon de nuage esquissé en plein ciel, les herbes folles au premier plan, le blanc presque trop lumineux du tas de sel et son reflet dans l'eau...

Autre paysage de Brière, ces barques au repos semblent prêtes à partir, et l'horizon s'ouvre vers le lointain. Le ciel est nuageux, mais lumineux comme l'ensemble, l'eau surtout : on retrouve dans le choix des couleurs le mystère et la magie de la lumière de Bretagne. La végétation des berges est stylisée, presque abstraite, très libre.
L'eau, l'air, la terre, et les embarcations pour s'y balader : cette toile est une invitation à la rêverie.

Et si l'on entrait dans l'atelier du peintre... On aurait peut-être la chance d'apercevoir un travail en cours ! Découvrir les étapes d'une toile, de l'esquisse au tableau fini, est un film passionnant.

L'apparition de La Rochelle et des bateaux comme sortant de la brume est saisissante, ainsi que l'évolution du rendu de l'eau, et de ses reflets à l'état final.

Le paysage se construit et la scène s'affirme sous nos yeux, il nous semble entendre le bruissement du port et le clapotis de l'eau.

Les coques multicolores, resserrées comme les habitations, n'ont qu'un mât esquissé et pas de voile, comme si le clocher et les tours de la ville en tenaient lieu.


Il est une autre source d'inspiration pour le peintre, sans laquelle l'oeuvre ne serait pas aussi riche : les humains. Yves peint des personnages qui l'ont marqué à divers titres dans sa vie, dans la réalité ou dans son imaginaire.

« L'intervention », peut-on supposer, est un règlement de comptes avec un épisode douloureux. On y voit des hommes en bleu, entre ombre et lumière, sans regard, mais leur visage exprime une intense concentration. Etonnamment, il n'y a ni rouge ni sang dans cet univers médical, comme si le souvenir voulait estomper, effacer la réalité... ou la cicatriser.

La passion de peindre, c'est aussi faire et refaire une oeuvre, sur un même thème d'inspiration ou le même sujet, pour le rendre autrement, mieux, ou avec un autre angle d'approche, une autre nuance de technique ou de sens.

Ainsi, les deux versions de ce Don Quichotte nous parlent différemment, d'une version à l'autre il prend forme et allure, il a un tout autre regard et de plus en plus d'assurance.

Cette dualité n'est-elle pas intrinsèque au personnage, à la fois plein de fougue et de tourments ?


Ainsi Yves peint deux portraits de clowns, mais avec une finalité différente.

Le clown gai est comme saisi en pleine action, en plein jeu sur la piste, à côté d'un projecteur de lumière. J'aime son regard joyeux et généreux.

Le clown plus grave est lui un autoportrait, au regard rêveur, tout en sensibilité et interrogations. Le visage est très travaillé, le fond rouge avec ses tons fondus me fait penser à des roses.

Yves fait le portrait d'une amie potière en plein travail. Je trouve la scène émouvante : le clair-obscur, le regard, l'attitude convergent vers l'objet en création. On sent le geste sûr, mille fois répété et cependant toujours nouveau, offrant la même attention à chaque pièce tournée. Le tableau est plein de rondeur, rondeur du tour et des poteries, gestes arrondis... Il dégage une atmosphère chaude et ample, à la fois active et sereine, comme le travail de la terre.

Exercice de style, par attirance pour une oeuvre ou envie de se confronter à d'autres manières de peindre, Yves reproduit des tableaux de peintres qu'il admire, comme cette Noce de Toffoli. Les personnages principaux sont dans un rond de lumière, comme sur une scène de théâtre. La mariée, longiligne, toute drapée de blanc, est éblouissante, presque transparente, évanescente. Tous les regards se tournent vers elle. Les hommes font la cérémonie et la fête, symbolisées par deux-trois accessoires : un livre, un verre, un accordéon. Une femme vêtue de sombre est assise derrière la mariée, elle paraît plus âgée, un peu en retrait, méditative ou mélancolique, résignée : peut-être que la jeune mariée la quitte pour aller vers le monde, faire sa vie.

Yves s'essaie à un autre exercice, la nature morte. Il en est coutumier je pense, mais pas moi. Ce n'est pas habituellement le style de tableau que je préfère, ces trop classiques scènes d'objets, fruits ou fleurs rassemblés, je trouve ça un peu triste. Et cependant, j'adore celui-ci ! Il renouvelle le genre, il a quelque chose de moderne, de vivant, de tactile, de gourmand, d'espiègle même : est-ce la pièce de poterie ronde et brillante, d'un vert claquant, la disposition des fruits qui n'a pas une allure centrée ou ordonnée, la transparence de leur superposition, le rouge orangé du fond ? J'aime beaucoup le regarder ce tableau, je ne m'en lasse pas !

Merci Yves, de nous faire voir le monde à tes couleurs : y entrer, découvrir un tableau, c'est à chaque fois une surprise, une belle émotion.

Et vous, l'expo vous a-t-elle plu, avez-vous des préférences ?

D'autres toiles à voir, sur la page d'Yves, ici : (diaporamas et section "photos").

Cath
01 2009

Liste des tableaux :
1/ Autour du château, 2007
2/ Le bateau rouge, 2007
3/ Marais salants, 2008
4/ Les barques en Brière, juillet 2008
5/ La Rochelle, juillet 2008 (2 esquisses et tableau)
6/ L'intervention, mai 2008
7/ Don Quichotte, 2008
8/ Don Quichotte 2, septembre 2008
9/ Le clown 2, août 2008
10/ Le clown, août 2008
11/ Brigitte la potière, novembre 2008
12/ La noce d'après Toffoli, décembre 2008
13/ Nature morte, décembre 2008

dimanche 25 janvier 2009

Touchée



Touchée par l'émotion d'un mot gentil, d'un échange, d'une situation qui fait vibrer... bien sûr que j'y suis sensible, ô combien : cela fait l'essentiel de ce qui nous meut dans la vie.

Mais je veux parler d'autre chose, d'être touchée, physiquement, et c'est essentiel aussi, et parfois on l'oublie. Par fatigue ou par stress, parce qu'on en a trop fait ou pas assez avec son corps, parce qu'on est occupé ailleurs, on néglige ce que le corps réclame. Il nous le rappelle en grinçant, en douleurs plus ou moins criantes, raideur du dos, tensions dans les reins ou les épaules, la nuque, ou simple malaise général, impression diffuse de mal habiter son corps.
Il faut bouger : marcher, danser, se mouvoir, selon ses envies et possibilités, le mouvement c'est la vie ! Je ne suis pas une grande sportive de nature. Mais entre danse, gym d'assouplissement, marche quelquefois, je trouve le moyen de vivre mon corps en mouvement, et c'est vital.
Mais ce n'est pas suffisant. Pour apaiser et dénouer ce corps endolori, il faut le toucher. Le masser le frotter le caresser, d'une main chaude et douce ou plus ferme. Partout, et surtout là où il en a le plus besoin. C'est le corps qui le dit, ou le masseur qui le perçoit, avec ses connaissances ou son ressenti.
Je n'ai pas souvent eu l'occasion d'être massée par un professionnel du massage : j'apprécie le bien-être qui en découle, mais c'est un luxe rare.
Je connais plutôt le massage amical ou tendre, pas expert mais qui fait du bien, entre toucher et caresse. Et puis l'auto-massage instinctif, chaque fois que la douleur le réclame, ou celui de la douche chaude et bienfaisante, les soins du corps et de la peau qui font savonner, gommer, frotter, sécher, enduire d'huile ou de crème... Tous ces gestes font toucher le corps, son enveloppe, la peau.
Et avant même que le massage en profondeur détende les muscles et tout l'organisme, rien que ce toucher me fait reprendre conscience des contours de mon corps. Alors il me semble le retrouver ; je me réconcilie avec lui, je l'apprivoise à nouveau, je l'habite pleinement : je revis !

« Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau. » (Paul Valéry)

Touchée.

Cath
01 2009


Photo : Cré@d'Oc

samedi 17 janvier 2009

Ton monde en couleurs





Tu vis le regard aux aguets
D'un paysage d'un ciel de mai
D'un voilier au large ou à quai
D'un arbre une scène ou un objet
Pour en capter la vérité
Tenter d'en rendre la beauté
Par un tableau une aquarelle
Mettre à la vie des étincelles
Figer l'éclat d'une lumière
Rendre palpable une atmosphère

Dessiner l'horizon sur toile
C'est y ajouter des étoiles
Peindre la vie en mille couleurs
C'est la traduire avec le coeur

Et ton regard refait le monde
En taches en formes plus ou moins rondes
Tu le transformes à tes couleurs
A tes soucis à tes bonheurs
Tu jettes sur la toile tes ombres
Peines et tourments en tons plus sombres
Où l'âme trouve la sérénité
Le tracé gagne en sûreté
Où l'horizon du coeur s'éclaire
Le pinceau recrée la lumière

Dessiner l'horizon sur toile
C'est y ajouter des étoiles
Peindre la vie en mille couleurs
C'est la traduire avec le coeur

Tu es en éveil en émoi
Toujours un projet avec toi
Une envie une idée déclenchent
Deux traits d'esquisse sur toile blanche
Tu cherches le ton, le trait s'affine
Alors la nuance illumine
La couleur que tu veux donner
A ce visage, à ce bouquet
L'instant vécu, une émotion
Valent bien quête de perfection

Paroles Catherine Ginefri-Poret
Musique Yves Borredon
Tous droits réservés 01 2009

La peinture d'Yves valait bien une chanson... A partir de ce qu'elle m'évoque, mais aussi de ce qu'il en dit, j'ai essayé de traduire ce qu'elle exprime et comment il la vit. Il a mis ce texte en musique pour en faire une chanson. C'était un plaisir de la faire !

jeudi 15 janvier 2009

Trop beau

Oui oui, je sais, c'est pas juste. C'est à se demander si c'est bien normal. C'est même à peine croyable, toujours les mêmes qui ont de la chance ! Et l'audace de s'en vanter, en plus ! C'est pas possible, c'est pas mérité :

JE SUIS EN RTT DEMAIN !!!
Et mon boulot ? Oh oui, non, ça va, ça va pas mal de ce côté-là, merci.
Mais cette RTT, ça me fait sauter de joie !

- Non mais, j'en crois pas mes yeux, ça va être ça, le ton de ce blog, en 2009 ?

- Et bien, pourquoi pas ? Du neuf et du vieux, du léger et du lourd : ouvrez la porte, on ne va pas s'enfermer !!!


Et d'abord, ouvrons la porte pour une sortie, samedi soir, à ne pas manquer : Frédéric Truong en concert à la Douëra de Malzéville. Ce garçon et son groupe, c'est une merveille de talent, sûr et discret, si vous ne le connaissez pas et si vous habitez à moins de 100 km de Nancy, précipitez-vous ! De la pop intimiste, ça pourrait le définir, mais c'est bien insuffisant pour décrire l'élégance de ses chansons, le raffinement des mélodies et des textes : je vous promets un moment rare et délicieux.

Et puis la Douëra, c'est un endroit magique, superbe et chaleureux, unique.

A bientôt alors ?!

Cath
15 01 2009

Photos : - guirlande de fêtes et gui de l'an neuf. (Cette guirlande est bonne à ranger d'ailleurs, fini le temps des fêtes ! Et le gui ? Ah non, on le garde toute l'année... pour le bonheur !)
- Frédéric Truong, CD 2008 (photo FT) et en concert (photo CGP)

mercredi 31 décembre 2008

2009



Pourquoi est-ce magique à chaque fois ?
Je ne sais pas.
Le soleil se couche derrière une colline à l'ouest, se lève, surgissant d'une autre à l'est, et ce depuis la nuit des temps... Et c'est toujours un émerveillement.

L'année nouvelle est un non-événement encore plus excitant !
Juste un chiffre qui tombe, et l'on fait le bilan d'une période, un nombre qui change, et l'espoir renaît de ce nouveau futur.

Que l'an « deux mille tout neuf » vous soit, nous soit donc lumineux et limpide, et comme on dit si joliment en Corse : « pace e salute* » ! pour le monde entier.

Cath

* soit "paix et santé", mais pas seulement, il y a une grande bienveillance, de la fraternité dans ce salut.

Photo : lever de soleil en Lorraine, 30 12 2008.

dimanche 21 décembre 2008

Un peu de lumière

Pour un peu de lumière
Je donnerais les présents
Que je vois en passant aux vitrines des marchands
Pour un peu de chaleur
Je donnerais les richesses
Que je n'envie pas certes aux fortunes des puissants !

Et puisque de ce jour
Jusqu'aux longs mois d'hiver et de printemps
Il fera de plus en plus jour
Chaque matin et chaque soir plus longtemps
Voici venu le temps de croire
Voici venu le temps de l'espoir !

Complètement anachronique
Anarchique et fantasmagorique
Hors de tout des aléas des feux de l'actualité
L'espérance humaine n'a ni sens ni finalité
Elle est assez invraisemblable
Mais chevillée au corps
A la vie à la mort
Elle est juste... indispensable !


Quelle que soit la vôtre, et vos croyances...

Joyeux solstice, bon Noël, heureuse période de fêtes à chacun !

Et un peu de lumière à qui en a besoin.

Cath
21 12 2008


Photo : Place Léopold, Lunéville, 12 2008


dimanche 7 décembre 2008

Une question de regard





C'est une question de regard
Juste une question de regard
Le tien garde son silence
Mais il est plein de confiance
Alors je sais qu'il est tard
Je m'en remets au hasard
Entre tes bras en corbeille
Je laisse venir le sommeil
J'y réfléchirai demain
J'aurai le jour dans les mains
Et les idées bien plus claires
Au matin dans la lumière

C'est une question de patience
Juste une question de patience
Tu m'écoutes et tu attends
Il me faut un peu de temps
Mais tout sortira de l'ombre
Les mots et les idées sombres
Là où le cerveau s'embrume
Dans la colère ou l'écume
Où tout ce qu'on ne dit pas
Viendra peut-être pas à pas
Et le fil se déliera
L'écheveau se dénouera

C'est une question de présence
Juste une question de présence
Et je vais beaucoup plus loin
Ton regard me tient la main
Il me porte et me soutient
C'est un vent de trois fois rien
C'est un souffle de confiance
Qui me fait libre et j'avance
J’hésite, mais je crois en toi
Je sens que je deviens moi
Juste par un regard clair
Qui me rend le ciel ouvert

Paroles Catherine Ginefri-Poret & François-Marie Gerard
Musique et interprétation François-Marie Gerard
Tous droits réservés 12 2008



Il est des rencontres qui font avancer, des relations qui sont constructives. Elles ne sont pas très nombreuses. On les reconnaît quand on les touche du doigt. Elles nous aident à vivre. Parfois ce n'est qu'un moment... mais juste au bon moment.

Je n'avais pas consciemment le projet d'écrire là-dessus. Une partie de ce texte m'est venue sans réfléchir. C'était une ébauche. Je l'ai partagée avec François-Marie : ça lui a parlé. Il a proposé des ajouts, des modifications, moi aussi. C'est un texte écrit à deux. Et il a eu envie de le mettre en musique. C'est devenu une évidence : une chanson !

J'espère que vous trouverez, à l'écouter, le plaisir qu'on a eu à la faire !


Cath
12 2008

D'autres titres de François-Marie, en écoute ici, et sur son site :
http://www.fmgerard.be/
Voir aussi son blog : Réverbères.

vendredi 28 novembre 2008

Yves Simon à Nancy

Un moment rare et attendu : Yves Simon en concert à Nancy ! Il s'est éloigné de la scène pendant trente ans... mais il n'est jamais venu à Nancy, ville où ce Vosgien a fait ses études.

Il arrive sur scène et c'est un bonheur de le retrouver. Il a l'air content d'être là, alors il prend le temps, il commence par nous présenter ses musiciens, avant même de chanter. Il aime parler, apparemment ; il parle bien, posément, semble goûter chaque instant. Et nous on aime à l'entendre parler, alors on boit ses paroles. Chaque chanson sera l'occasion d'une anecdote, d'un mot d'humour ou d'une réflexion plus ou moins philosophique (plutôt plus que moins), sur l'écriture, les femmes, l'amour et l'amitié, la vie : « Etre humain, c'est essayer de devenir un peu meilleur que ce qu'on est. »

Trente ans d'attente, cela mérite de présenter un peu de tout son répertoire. Et en effet il nous fait un mélange de chansons récentes du nouvel album, si réussi, « Rumeurs » et des immuables qu'on aime tant : une interprétation particulièrement émouvante, debout face au public, sans guitare, les mains ouvertes, de « Regarde-moi », et sa réponse, « Raconte-toi" :
« Si tu prenais le temps camarade de rencontre
De me regarder dans la peau,
Au cœur de ma solitude.
Là où s'inscrivent les mémoires de l'amour, de la guerre et du froid,
Sur mon enveloppe d'homme fragile comme de la soie
Tu verrais alors les mêmes angoisses que toi
Avec des arcs-en-ciel et des p'tites amours en poubelles
Tu verrais des ailes de géant brûlées par l'air du temps.
Regarde-moi.
(...)
Regarde, regarde camarade de rencontre
Tu vois, c'est ma façon de te dire que je t'aime,
Et qu'il faut qu'on se dise des mots
Des regards et des caresses
Pour ne pas repartir chacun dans son métro
Avec des torrents de paroles qui te restent au travers du cœur
Et de la gorge. (...)»

Ses chansons d'univers poétique racontent une ville, une région... mais avec toujours une histoire, un amour, une tendresse : « Sur les bords de la Moselle, j'avais un amour... » a évidemment du succès à Nancy, ainsi que celle sur « Les fontaines du Casino » de Contrexéville, ville dont il est originaire, et où « il ne se passe rien l'hiver, et on attend l'été et c'est pareil ! » Les années d'études à Nancy, c'était la découverte d'une plus grande ville, l'angoisse de l'avenir, mais aussi le moment de « tous les possibles »...

Il évoque ce qu'il écoutait et qui l'a influencé, Brassens, les Beatles, Gainsbourg, Bob Dylan... et à chaque fois il nous joue et chante un couplet de l'un ou l'autre, en solo avec sa guitare : concert intime, on a l'impression d'être un ami dans son salon.

Mais cet artiste hors pair en pop française nous emmène aussi dans des balades bien plus rythmées, avec ses musiciens, guitariste, batteur-percussions, clavier, basse ou contrebasse, pour : « J'ai rêvé New York », « Les héros de Barbès », « Amazoniaque », et le grand succès « Diabolo Menthe »...

On retrouve avec beaucoup de plaisir et d'émotion « Les gauloises bleues (les beaux jours) », « Les embruns de la jeunesse », « Un jour on dit », la malicieuse « Les filles ont des sentiments », et puis « Cet enfant», et « Aux fenêtres de ma vie », magnifique duo avec Françoise Hardy sur l'album, elle n'est pas là mais la chanson est belle quand même ! On a déjà de la chance qu'il soit venu, il s'est blessé au pied il y a quelques semaines et a dû annuler des concerts.

Enfin, je ne me remémore plus tout ce qu'il a chanté... je goûte le moment, je voudrais qu'il dure, je me dis que ça ne peut pas finir, tant qu'il n'a pas joué « Au pays des merveilles de Juliet » !
Il nous la réserve pour les rappels, en sollicitant le public pour les choeurs et le rythme : je trouve que c'est gonflé, car il faut tenir toute la chanson ! Je me demande si le public va jouer le jeu... et, miracle oui. Les gens sont discrets et ont l'enthousiasme réservé, à l'image de l'ambiance feutrée de la soirée, mais ils sont fervents et l'enthousiasme est là. A la fin toute la salle est debout pour l'acclamer et le remercier.

On sort, le sourire et les mélodies aux lèvres, avec l'impression d'avoir vécu un moment exceptionnel, rare, raffiné.

Cath
28 11 2008

dimanche 23 novembre 2008

Premiers frimas, première neige

On a beau dire on a beau faire, être averti le savoir, se dire que c'est (presque) l'hiver... ça fait toujours son effet, les premiers glaçons les premiers flocons !

Et ça blanchit novembre gris, et ça éclaircit un ciel souris !

Cath
11 2008


vendredi 14 novembre 2008

Joyeux novembre









Nous voici à mi novembre ! Et pas de blues, pas le temps cette année. De la musique, de la chanson, de la danse, les amis et la famille, le boulot et la fête, je me suis donnée à fond, et je ne lève pas le pied, c'est décidé !
C'est peut-être là le secret.
Et les jours clairs chassent le brouillard, et les petites lumières le cafard...
Merci à qui et ce qui me tient la main.

Et je n'oublie pas un ami dans la peine.

Cath
novembre 2008

Photos :
* concert-bal Ambrozijn 8/11 : un immense plaisir !
* (B2T)
stage danse folk, 9/11 : flagrant délit de bonheur en danse, la Cath !
* concert Emma Demoiselle et Alcaz, 10/11 : quel talent !

samedi 8 novembre 2008

On va pas se dire

Encore une chanson...





Compagnon de cour d'école
De cabane et d'herbe folle
De ballon, d'éclaboussades,
De chahut tendre et glissades
Camarade haut de trois pommes
Retrouvé à l'âge d'homme

On va pas se dire je t'aime
Entre nous pas de "gros mots"
Mais c'est du pareil au même
On s'entend à demi-mot.

Compagne d'adolescence
De partage en confidence
D'amours secrets murmurés
De révolte poings serrés
De blues et de vague-à-l'âme
Amie-soeur devenue femme

On va pas se dire je t'aime
Entre nous pas de "gros mots"
Mais c'est du pareil au même
On s'entend à demi-mot.

Amoureux d'avant-hier
Quittés mais pas oubliés
A la fin des turbulences
Des tumultes du silence
On se garde au fond du coeur
Une estime sans rancoeur

On va pas se dire je t'aime
Entre nous pas de "gros mots"
Mais c'est du pareil au même
On s'entend à demi-mot.

Correspondants de la toile
Parmi des milliers d'étoiles
On s'est connus, reconnus
Par les mots qui mettent à nu
Derrière l'écran, la pudeur
On s'attache, amis de coeur

On va pas se dire je t'aime
Entre nous pas de "gros mots"
Mais c'est du pareil au même
On s'entend à demi-mot.

Paroles Catherine Ginefri-Poret
Musique et interprétation Yves Borredon
Tous droits réservés 10 2008

A écouter sur le player ci-dessus. (Merci fmg pour ton aide toujours précieuse !)

D'autres titres d'Yves, en écoute ici :
page Myspace Musique Yves Borredon

Illustration Yves Borredon

mercredi 29 octobre 2008

L'espoir Obama


Je ne suis pas américaine, mais je me sens concernée. Nous le sommes tous, citoyens du monde.
L'état actuel de la planète n'est pas brillant. Bien sûr, Obama devra faire avec. Il ne pourra pas tout changer d'un seul coup. Mais il a l'intention avec lui : l'intention d'un monde un peu plus juste, un peu plus ouvert ; l'intention de ne pas régler les problèmes par le conflit armé, par le pouvoir qui écrase.


Alors, il porte en lui l'espoir. L'espoir de beaucoup, dans son pays (dans et même hors son camp), et dans le monde.
Et le mien aussi.

Cath
octobre 2008

mercredi 24 septembre 2008

Petits riens




Tu sais on n'est que c'qu'on est
La vie passe la vie nous fait
Des quidams au quotidien
Inquiets, agacés d'un rien,
Colère et papier de verre
Pour un p'tit grain de travers
Du sable entre les rouages
Qui nous mine et nous enrage

C'est une broutille un caillou
Des instants de rien du tout
Mais qui sont un peu de nous
Ces petits riens qui sont tout.

Tu sais on n'est que c'qu'on est
La vie glisse et nous défait
Nous démet nos certitudes
Lors des grandes solitudes
Cataclysme, raz-de-marée
La douleur dans la durée
Trie le bon grain de l'ivraie
Une main, une parole vraie

C'est une broutille un caillou
Des instants de rien du tout
Mais qui sont un peu de nous
Ces petits riens qui sont tout.

Tu sais on est ce qu'on est
La vie va et nous remet
Debout, sereins et lucides
Nus et humbles mais solides
Prêts à s'étonner d'un rien,
A saisir la joie qui vient
D'un matin clair, d'une lumière
D'un plaisir qui nous est cher

C'est une broutille un caillou
Des instants de rien du tout
Mais qui sont un peu de nous
Ces petits riens qui sont tout.

Tu vois on est ce qu'on est
La vie rit la vie nous met
Un éclat dans le regard
Pour une rencontre un hasard
Un autre humain qui t'émeut
Qui te touche te rend heureux
Des grains d'ambre et de lumière
Rires complices et joie claire

C'est une broutille un caillou
Des instants de rien du tout
Mais qui sont un peu de nous
Ces petits riens qui sont tout.


Paroles Catherine Ginefri-Poret
Musique et interprétation Yves Borredon
Tous droits réservés 09 2008


C'est une première : une chanson ! Je n'en avais jamais fait. Yves m'y a invité, il m'a proposé une mélodie, j'y ai mis des mots, il a adapté la musique, et de fil en aiguille, mes mots sur ses notes et ses notes sur mes mots, ça a fait une chanson.
Merci Yves pour ce bel échange !

A écouter sur le lecteur ci-dessus.
(Merci FMG pour l'aide technique !).

D'autres titres d'Yves, en écoute ici :
page Myspace Musique Yves Borredon

Photo Cath, (avec la main de Guillaume !) été 2008

samedi 13 septembre 2008

Lumières

Serait-ce parce qu'elle décline et nous manque, en cette fin d'été qui s'incline un peu trop vite vers l'automne ? J'incline à penser que c'est ce qui nous la rend si précieuse : la lumière. Nous y aspirons tous, nous sommes plusieurs à en être fascinés, inspirés.

Keskecé ? ce petit point lumineux dans le noir ?
Ce pourrait être une devinette. Quelques pixels colorés à la va-vite ? Un coup de stylo-feutre fluo ? Une photo ratée d'un quelconque signal électronique ? Taratata, pas du tout ! Cette photo, on ne dirait pas comme ça, mais j'y tiens beaucoup, c'est une rencontre rare : une luciole, une vraie, un ver-luisant que j'ai vu cet été en Auvergne, et dont j'ai voulu figer l'éphémère et émouvante découverte.

* Toute cette introduction pour vous présenter le blog d'un ami : Entre les lignes. Allez lire sa belle histoire et son message plein de chaleur, et vous verrez le lien avec ma photo... Et en cherchant un peu plus loin, d'autres histoires attachantes, dans un style toujours bien écrit et prenant.


* La recherche, et souvent, la mise en avant de la lumière, vraie ou symbolique, est le thème permanent d'un autre blog-ami cher, au nom qui annonce d'entrée la référence à la lumière : Réverbères. Toujours quelque chose d'intéressant à y trouver, des réflexions à partager, lumineuses, souvent brillantes, avec ça et là un trait d'humour et de distanciation, mais jamais loin de la vie !


* Un coup de coeur pour des photos sur Wikipédia m'a amené à quelques échanges sympathiques avec ce photographe, et surtout à découvrir, avec un enthousiasme toujours renouvelé, les images de Luc Viatour. Allez voir son site, c'est une belle balade. Je parlais de lumière, ses photos d'un spectacle de tango littéralement enflammé sont époustouflantes.


* « Lumières d'homme », c'est le titre d'un ouvrage de Prévert et du spectacle des Rim'ailleurs, qui clament et mettent en musique des textes de Prévert, connus et méconnus : je peux vous conseiller leur page Myspace, leur forum ou leur blog, mais le mieux est bien d'aller voir leur spectacle ! Vous y découvrirez un Prévert étonnament actuel. Entre gravité et poésie, l'humour ne manque pas, l'émotion bien présente, et leur talent emporte le tout : courez-y ! Il seront du 7 au 11 janvier au théâtre Mon Désert à Nancy, avec des invités-surprises...


* Pour terminer sur une touche légère, quelques images de mon ado de fiston qui a emprunté mon appareil-photo (pour sa fonction de temps de pose long), et une lampe de poche, ainsi qu'un trépied... histoire de s'amuser un peu à faire des effets. Voici le résultat. Je précise que ce sont de vraies photos, pas des montages !


Bravo Guillaume !

Bravo et merci à tous. Vos talents sont lumineux.

Cath
09 2008

Photos : Cath, blog Entre les lignes, Réverbères FMG, Luc Viatour, Cath, Guillaume.