mercredi 20 août 2008

Le génie Dali

Je ne connaissais rien de Dali. Ou si peu. Ce nom m'évoquait quelques tableaux étranges, des personnages déformés au milieu de scènes incompréhensibles, des montres molles, surtout : cette image me revenait toujours.

Ayant l'occasion d'aller en Espagne, à Figueres, où se trouve le théâtre-musée Dali, conçu par lui-même et présentant ses créations, j'étais curieuse d'en savoir plus, toute excitée de découvrir son oeuvre.

La visite vaut le détour. Je ne suis d'ailleurs pas la seule à le penser, nous étions nombreux à patienter pour y entrer : une foule calme et déterminée, une file en « S » devant l'entrée, s'étirant le long de la rue... Une attente d'une heure trente : premier étonnement, première reconnaissance en quelque sorte du pouvoir d'attraction et de fascination du maître.

Dali n'a rien d'ordinaire, et son musée non plus. De l'extérieur déjà, le bâtiment se distingue de loin par son dôme de verre, et dès l'approche, par son apparence : il est constitué de deux parties, l'ancien théâtre à la façade classique revisitée, ornée de statues drapées portant des baguettes de pain, et un bâtiment plus récent le prolongeant, au décor délirant, entièrement peint en rouge et parsemé à intervalles réguliers de centaines de motifs identiques qui m'intriguent : il s'agirait de « petits pains ronds à trois croûtons », ah bon !

En haut du mur, sur tout le pourtour, alternent des oeufs énormes et des mannequins dorés que l'on retrouve aussi sur la façade du théâtre et qui font ainsi le lien entre les deux éléments de l'ensemble architectural.

L'intérieur du musée s'organise autour de la coupole de verre mettant en lumière une installation majestueuse (et complètement kitsch à mon goût) : une statue aux formes généreuses, que l'on croirait sortie du Satyricon, trônant comme un emblème démesuré sur la carrosserie d'une Cadillac rutilante, le tout surmonté d'un vaisseau pleurant des gouttes bleues, qui semble tenir les rênes de cet étonnant cortège.

Les autres salles présentent tableaux et statues en différentes mises en scène pour les mettre en valeur : leur taille est souvent impressionnante, comme ce nu de femme, vu de dos, d'au moins 4 mètres par 3, qui est en fait un trompe-l'oeil, une image double représentant aussi, vu de loin, un portrait d'homme pixellisé (que l'on retrouve comme un indice en miniature dans le tableau).

Autre trompe-l'oeil, ce petit tableau qui est à la fois un profil d'homme et une silhouette de femme.

Dali passionne, parce qu'il étonne, et qu'écoutant ses fantasmes il provoque, questionne et réveille un peu les nôtres. Le plus surprenant est l'abondance de son oeuvre, et sa diversité : peinture, sculpture, il touche à tous les registres avec la même perfection technique, et l'art toujours renouvelé du décalage, de l'inattendu, de la transformation.

Qu'il revisite Michel Ange ou Millet, son regard renouvelle et prolonge l'oeuvre : l'Angelus de Millet ainsi multiplié est étendu à « toutes les heures, toutes les saisons ».

Dali aime reproduire, multiplier, juxtaposer les images, j'y vois comme une question lancinante sur la nature de l'art, l'obsession de montrer que les choses ont plusieurs approches, la tentative de les maîtriser.

D'autres constantes habitent Dali : l'amour de sa chère Gala, et le goût du spectacle et de la mise en scène. Les deux se confondent parfois. Car Gala est souvent son modèle, et il lui dédie une partie de son oeuvre, comme de ce musée, où la tour ronde porte son nom. La muse Gala lui inspire parfois le génie, comme dans cette toile, « Galatea des sphères » : c'est un des tableaux qui m'a le plus touché, j'aime le regarder, j'y reviens toujours avec plaisir et fascination.

Artiste à l'ego surdimensionné, Dali aime aussi à se représenter, comme ici vu du dessous, avec Gala, sur ce plafond peint au style mélangé, surgi d'une époque indéfinissable.

Les tableaux surréalistes ne m'ont pas tous enthousiasmé, mais certains m'ont passionné, comme ce « Chemin de l'énigme ».

La visite du musée est un voyage foisonnant, où que l'on pose les yeux le regard est accroché par une toile, une sculpture, un décor...

On en ressort ébloui et plein d'images en tête, pour longtemps.

Pour continuer la balade, vous venez ? Je vous emmène, et je laisse parler les images...

Cath
08 2008


Pour continuer la visite de l'univers de Dali, voir :
le site de la Fondation Gala-Salvador Dali:
beau diaporama à l'entrée du site et plein d'infos.


8 commentaires:

Réverbères a dit…

J'adore !

Filleke a dit…

Dali n'est pas mon peintre préféré, mais pour avoir visité le musée de Figueras avoir comme vous succombé à cette fascination, je ne peux que vous rejoindre... Oui, c'est fantastique.

Yves a dit…

Quelle belle visite..
Les commentaires sont pertinents , et les images permettront à ceux qui ne connaissaient pas cet univers de découvrir un peintre de talent, un génie.
Merci Catherine cette promenade
était bien agréable,j'y retournerai.

MârtineLÂvoisined'enFÂce a dit…

juste ce qu'il faut de mots justes pour donner cette impression de partage: Merci et bravo aussi pour tes photos zoomées à la perfection!
amitiés
Martine

BB a dit…

Que de souvenirs ...
je vois que tu y es allée un an avant moi, peut etre la raison pour laquelle tu n'as pas vu le musée de bijoux qui suit le grand ...
Il se visite à la sortie du principal et, est gardé par une armée de policiers et gardiens ...Mais, superbe à voir, vraiment, une atmosphère tres envoutante ...
Peut etre auras tu l'occasion d'y retourner
Baisers Cath

Cath a dit…

> BB : Maintenant je crois me souvenir qu'il y avait cette autre partie, le musée de bijoux : mais nous avions très chaud et très soif, mes hommes ont capitulé ! :)

Anonyme a dit…

Quand es-tu allée en Espagne ? Si je ne perds pas la mémoire, tu ne m'en as rien dit ?

Hutin fraternelo-paternel .

Beaucoup de choses me plaisent ou m'amusent chez Dali , mais je crois que je n'ai jamais accroché .
Je suis allé une fois au vert nid sage d'une amie (il y a longtemps et c'était à La Rochelle) et elle présentait à la fois des oeuvres naïves et d'autres toutes déformées qui ne prenaient leur sens qu'en les regardant à travers un verre épais ; chapeau quand même
pour réussir ça .
Dali a peint aussi une sorte de caverne où on peut , le cas
échéant, voir la figure de Voltaire .

Le Hutin qui t'aime bien .

Cath a dit…

Nous étions en vacances dans les Pyrénées et nous en avons profité pour aller faire une balade en Espagne, et aussi en Andorre. J'ai bien plus aimé l'Espagne et la visite de Figuerès... La peinture, c'est tellement plus passionnant que le shopping !