jeudi 29 octobre 2009

Boulevard de l'océan

Parce qu'il n'est pas dit qu'on doit se résigner à l'automne, parce que l'hiver me paraît loin, avec la douceur de la lumière ces jours-ci, et parce que j'ai envie de regarder et partager quelques images de l'été encore... En voici en voilà !








C'est comme si... je repartais en vacances !

"On disait qu'on allait en vacances à la mer..."


Photos : Cath
La Baule, août 2009

jeudi 15 octobre 2009

Octobre ocre et or

En quelques nuits fraîches, froides et rugueuses, octobre nous a bien fait croire qu'il nous menait directement d'un été jouant les prolongations à un hiver précoce !

Mais la lumière du soir, avec ses ocres, ors et reflets roux nous ramène en automne...

Je préfère ça ! C'est géant, non ?

C'est peut-être un détail, mais ça change tout...

Je ne pourrais pas me passer de ces tons d'automne, de cette lumière d'octobre... Pas trop vite.


Trouvé quelque part sur le net :

"Un jour d'automne

Dans l'immensité d'azur

Mille étoiles d'or"


Haïku de Martine


Merci à Martine...

samedi 10 octobre 2009

Regards d'octobre

Je trouvais cette image de Joël si belle, que je voulais la partager. Je pensais qu'elle m'inspirerait un message sur la saison, l'automne ou le temps qui passe... Mais non, rien ! Pas de mélancolie automnale en vue. Alors, laissons faire, elle viendra bien assez tôt, (je fais confiance à novembre) ; moi, octobre, j'aime bien. C'est mon mois de naissance, c'est peut-être pour ça !
Je préfère donc vous faire partager des coups de coeur, comme le blog de Joël et ses très belles photos par exemple. Ou celui de Céline, photographe aussi.


Et puis une balade Place Stanislas : et oui, encore ! Mais c'est que je l'aime beaucoup, elle se renouvelle constamment : en ce moment elle est parée d'un jardin éphémère, sur le thème de Majorelle et la poésie végétale.
Je n'avais pas d'appareil photo le soir où j'y suis allée, mais vu du téléphone portable, avec ces reflets, cette imperfection des photos a un certain charme, je trouve, (la deuxième avec quelques retouches proposées par Joël): qu'en pensez-vous ?



Et puis, alors là, complètement futile mais les coups de coeur, c'est parfois aussi ça : mon coup de coeur du jour, des bijoux créations d'une jeune femme de mon village. On peut les voir sur son blog, AuraCréations. Je me suis fait plaisir, j'ai craqué pour deux colliers et deux bracelets !

Oui, je sais...
Je songe à rebaptiser ce blog "De tout et surtout de rien"...
Non ?

Cath

mardi 6 octobre 2009

Nilda Fernandez, des chansons et une rencontre

Que sait-on de Nilda Fernandez, avant d'aller le voir, l'écouter ?

Des tubes qui nous ont fait rêver, des grands yeux noirs sur une affiche... Et un timbre de voix limpide, qui monte haut ! Des chansons dont j'avais aimé le climat, la poésie, en français et en espagnol, émotions, évocations et images, et les mélodies, souvent soutenues par un instrumental riche et coloré.
Je me demandais un peu ce que ça pouvait donner, un concert de Nilda Fernandez, seul avec sa guitare.

Les Baladins, c'est une première, pour l'occasion disposent de la salle du luxueux Espace Chaudeau de Ludres. On y accueille un public plus nombreux qu'à l'accoutumée (bien que ce soit encore trop peu), et peu à peu, la salle se remplit.

(Une spectatrice me demande si on peut déposer sur scène, avant l'arrivée de l'artiste, un petit paquet de médiators pour la guitare, qu'elle a apporté : elle a vu le chanteur au concert de Metz la veille, il s'était plaint d'en manquer, elle veut lui en faire la surprise ! Je cherche à me renseigner, mais il n'y a personne à ce moment autour de la scène, absolument personne : une chance, car les hommes de la sécurité sont partout, sauf à cet instant. Je monte en vitesse sur la scène, les déposer sur le tabouret face au micro : et voilà ! )
Le noir se fait, le silence aussi. Serge vient présenter Les Baladins, et la soirée. Et puis Nilda entre en scène (il trouve les médiators, a un petit sourire et les glisse dans la poche de sa veste).

Il n'est pas très grand, il a un beau sourire, le regard immense, comme sur les photos... Et il a une tenue incroyable, pantalon pattes d'éph' à soufflet rose vif, une veste ouverte sur une chemise chamarée aux longues manchettes : c'est un peu tape à l'oeil, ce costume de saltimbanque, mais ça donne un style original et du charme,.
« Original »: ça pourrait bien définir Nilda, ça... si tant est qu'il se laisse définir ! Car il n'y tient pas trop apparemment. Serge vient de présenter un « spectacle intimiste ». Nilda le reprend gentiment, ce n'est pas tout à fait ça : que serait le contraire d'« intimiste » ? On ne sait pas, alors ce n'est ni ça ni le contraire. Et puis, un « spectacle » ? Plutôt des chansons. Précis, Nilda, il se méfie des étiquettes !

Les chansons, accompagnées à la guitare, vont se dérouler avec aisance et brio, je ne m'attendais pas à une telle interprétation ! De Valence à Barcelone, en passant par Madrid, des histoires vécues ou rêvées en chemin, des amours sur fond de mélancolie, des voyages et des rencontres à fleur de sensibilité : l'artiste excelle à nous les chanter en français et en mélangeant de temps à autre des bouts de phrase ou un couplet en espagnol : quelle élégance, quel plaisir à entendre, cette langue ! Et la voix ! Quelle tessiture, elle est claire et limpide, il en fait ce qu'il veut. L'accompagnement de guitare est varié et coloré, et il n'hésite pas dans son élan à enchaîner plusieurs chansons, ne nous laissant pas applaudir ni reprendre notre souffle : cela donne comme un film, un fil qui se déroule en continu. Nilda aime les voyages et nous le communique.

Il s'arrête pour nous raconter des bribes de sa vie : sa tournée en Russie, jusqu'au fin fond de la Sibérie, 11 fuseaux horaires plus loin... Celle dans le sud de la France, en roulotte, un choix pour prendre le temps de s'imprégner de chaque région, chaque paysage traversés.
Et puis sa passion pour Garcia Lorca, dont il va chanter avec talent et ferveur plusieurs poèmes magnifiques : c'est de l'espagnol mais on a l'impression de les connaître, de les comprendre, tellement c'est chantant, et parlant.
Et aussi « Innu Nikamu », cet « humain chantant », d'un peuple amérindien, qui a donné son nom à un festival au Québec, célébrant leur culture en musique.

Avec tout ça, Nilda nous emmène, et nous fait voyager plus loin qu'on aurait cru...
Et comme « aller plus loin avec quelqu'un, c'est souvent aller plus près* », soudain il s'approche du devant de la scène et demande un peu de lumière dans la salle, pour être plus près des gens et les voir : pour ne pas chanter devant un trou noir, mais devant des visages aux expressions différentes, qui motivent pour continuer. Quelquefois, dit-il, devant ce trou noir, on perd l'envie, on ne sait plus pourquoi on est là ! Nous ayant vus, il s'assied sur le bord de la scène et poursuit... Bon, ce n'est pas un concert « intimiste », ne mettons pas d'étiquette, mais on retient son souffle, le moment est magique !

Dans le public, sur l'invitation de l'artiste, on prend plaisir à reprendre avec lui les chansons qu'on aime :
« Juste une ivresse
Pour que l'on cesse de boire

Une cicatrice
Pour que l'on puisse y voir

Où que l'on aille
Nos fiançailles »

...
« Quand tu veux tu m'appelles
Tu connais mon numéro
45 12 20 00

Quand tu veux tu m'entraînes
En face de toi dans un bar

Comme autrefois j'ai envie de te voir
De voir, de voir...

Mes yeux dans ton regard »
...
(Nilda feint de s'étonner : et oui, -presque- toutes les femmes de la salle ont retenu le numéro !)
...
« Faut que je t'invite à Venise
Avant que l'eau l'ait noyée

Avant que l'eau des banquises
Vienne couvrir le monde entier

On ira sur les jetées
Qui s'enlisent

(...)
Et de surprise en surprise
On se perdra dans les cartes postales
On voguera sur les canaux sales »

« C'est comme ça que la chanson termine, oui... » Nilda s'en excuse presque, mais pas vraiment, car « L'invitation à Venise », c'est effectivement une invitation un peu ironique, un soupçon de second degré la rend bien plus intéressante que si elle était tout miel et béate !
C'est une des richesses de la poésie de Nilda, ces sous-entendus, ces évocations qui laissent entrevoir, deviner sans dire, créent des images, des réflexions et nous laissent les poursuivre...

La soirée touche à sa fin, sans qu'on l'ait senti venir : deux heures se sont écoulées ! Avec deux chansons malicieuses, soi-disant pour enfants mais pleines d'humour et de parodie, Nilda se prête de bonne grâce aux rappels (malgré l'heure avancée et qu'il ne faut pas dépasser, vu les contraintes de la salle), jusqu'au moment où sa guitare n'a plus de son ! Malencontreux hasard, qui fait penser à une préméditation ou une intervention extérieure : mais non, Nilda nous le dira plus tard, ce n'était qu'une coïncidence, une panne de batterie ! Il est comme ça, Nilda, nature et sincère.

Malgré l'obligation désagréable de libérer la salle sans traîner, le public et Nilda se retrouvent au dehors pour quelques échanges chaleureux. Et l'équipe des Baladins l'invite autour d'une table conviviale : on parle de tout et de rien, Nilda parle volontiers, donne son opinion sur l'actualité, mais écoute aussi, s'intéresse à ses interlocuteurs. C'est un artiste riche d'humanité, de personnalité, attachant.
Le moment de se quitter arrive trop vite : j'ai vécu la soirée avec une joyeuse émotion, je me retrouve le lendemain avec un léger blues, comme quand on voit un ami repartir.

C'est qu'on venait pour un spectacle, avec en tête une image un peu floue, et on a trouvé bien autre chose : des chansons, et une vraie belle rencontre.


Cath
octobre 2009


*Jacques Salomé

jeudi 17 septembre 2009

El Yazid Kherbache, les chemins de l'art

Les chemins de l'art sont multiples, foisonnants, parfois inattendus... comme le montre l'exposition rétrospective de El Yazid Kherbache actuellement à Nancy.
La récup', la récupération d'objets devenus inutiles, d'emballages, de menus matériaux, l'artiste n'a pas attendu que ce soit la mode pour en faire, et pour en faire quelque chose de merveilleux. Peintre et plasticien, formé au Maroc et en France, il a travaillé des matériaux nobles également, mais il a toujours réalisé cette alchimie des petites choses du quotidien, devenant, par son imaginaire et son talent, de réelles oeuvres d'art. Sa démarche est de partage aussi, il a animé sous l'impulsion d'associations comme Aliscia* des ateliers d'art auprès de publics variés, enfants des écoles, personnes âgées en maison de retraite...

En sortent des jouets faits de bric et de broc, naïfs à première vue, pleins de charme et de fraîcheur, bateaux sur l'eau, petits personnages sur des radeaux ; mais quelque chose de tragique s'en dégage et nous raccroche, nous arrête : c'est que ces embarcations de fortune s'inspirent de l'odyssée des clandestins africains qui échouent et s'échouent, au Maroc où l'artiste a un atelier et vit la moitié du temps. Par sa série de toiles « Bleu clandestin », il a voulu leur rendre hommage, en représentant les radeaux et leurs occupants sur toile en plus de leur création en trois dimensions, afin de les figer, les fixer dans le temps et la mémoire. Les bleus sont magnifiques, et les tableaux sont soulignés de poèmes en langue arabe à la peinture dorée.


L'exposition présente par ailleurs des marionnettes du monde, dont ce derviche tourneur pour qui j'ai eu un coup de coeur, et ce peintre dont j'ai fait une photo (clin d'oeil à un ami).

Je ne sais ce que j'ai trouvé le plus beau, les tableaux au bleu si poignant, ou ces panneaux toilés, tapis, tapisseries, fresques, abstraits et richement colorés, tous différents, composés de matériaux divers, toiles de jute et divers tissus, bouchons, pierres, morceaux de faïence, encastrés, cousus, brodés, peints et composant des mosaïques superbes.

L'expo est visible à Nancy, dans le hall du Conseil Général, jusqu'à dimanche : si vous pouvez, courez-y, c'est encore plus beau en vrai ! Rêve et émotion au rendez-vous.
N'ayant pas mon appareil photo le jour où j'ai eu l'occasion de la voir, j'ai fait à la sauvette quelques clichés avec mon téléphone, excusez donc la piètre qualité des images, mais je voulais les partager ici.


Cath


*Association Lunévilloise pour l'Insertion par le Sport, la Culture et l'Initiative Artistique

dimanche 6 septembre 2009

Festival des Granges 2009

Avec cette 6e édition, le Festival des Granges a pris son rythme et confirme sa place, ses qualités et spécificités : sur le thème des guitares -acoustiques mais aussi de tous styles-, et plus généralement des instruments à cordes, le FDG présente des artistes de renommée mondiale ou plus locale sur le critère des coups de coeur, de l'envie des organisateurs de nous les faire découvrir et partager leur enthousiasme, dans un heureux mélange des styles et des couleurs musicales : blues, pop, rock, jazz, world, folk, chanson...

C'est ce qui fait qu'on l'aime !

D'année en année le FDG rallie un public fidèle, attiré par un artiste ou un groupe, ou bien par la démarche de venir découvrir, s'ouvrir les oreilles et l'horizon en sortant de ce qu'on entend tous les jours.

Intimité et convivialité au programme pour le concert d'ouverture, avec une soirée-grange : et quelle grange ! Sa déco soignée, aux teintes chaudes, donne le ton et nous met dans l'ambiance. La petite scène a changé en partie de décor mais gardé sa forme et sa porte dans l'angle, c'est champêtre et original. Clin d'oeil aux années précédentes avec des restes d'affiches, des noms, des visages...


Pascal nous présente l'édition 2009 et les améliorations apportées au confort des artistes et du public, par les travaux réalisés en cours d'année : la grange devient une vraie salle de spectacle et pourra accueillir d'autres rendez-vous dans l'année...

A suivre !

Pour l'heure, place à 9 concerts en 3 jours !


Jason Hakin ouvre le festival ; songwriter voix et guitare, il est accompagné par Clément Lucas (au cajon et aux choeurs) et Bastien Lucas (au clavier) pour quelques morceaux. Jason Hakin nous présente compos et reprises ; c'est de la pop acoustique superbe, il a une très belle voix. Il ne parle pas français mais essaie... Le soutien rythmique de Clément est apprécié pour appuyer la guitare, et surtout le passage joué à la scie, instrument rare aux sonorités envoûtantes. Belle entrée en matière.


Leur succèdent sur la petite scène Guillaume Ledoux et Cédric Milard, du groupe Blankass. Ils étrennent une formule duo, que je trouve une rudement bonne idée : voix, guitare et clavier mettent en valeur chansons généreuses et autres ballades, histoires de gens qui nous parlent. Guillaume Ledoux a une belle présence, le sourire permanent même pour dire ses colères... C'est un beau moment, vraiment.


Pour clore cette soirée-grange, on débarrasse la scène, ni clavier ni accessoire ni siège, rien d'autre qu'un micro : place au canadien Don Ross, avec sa guitare en bandoulière : il est géant ! Physiquement impressionnant mais c'est un détail, il est surtout guitariste virtuose, époustouflant ! Quelle maîtrise ! J'ai rarement vu (jamais !) un jeu de guitare pareil, il en exploite toutes les possibilités avec une aisance incroyable, en un jeu très libre, aux styles variés : qu'il s'accompagne en chantant, ou interprète des instrumentaux riches et pleins d'improvisation, sa guitare paraît un prolongement de ses doigts, de son corps : l'écouter et le regarder est un moment extraordinaire, on se sent privilégié d'être là ! Fanny et Pascal nous ont invité un phénomène : et avec ça, sympathique, souriant : gros succès et rappel mérités pour cet artiste exceptionnel.


Le lendemain, après une journée ensoleillée, concert sous le chapiteau : j'aime beaucoup la grange, énormément même, mais c'est toujours magique ce chapiteau, rond comme un cirque, avec sa scène bien vaste, l'herbe qu'on foule aux pieds, les toiles tendues, les éclairages et la technique, les impressionnants poteaux de soutien de l'ensemble, l'ambiance quand on y entre, chaude, un peu feutrée... On s'installe comme on peut, assis, debout, en rond. Entre les concerts on attend, on entre, on sort, on retrouve quelqu'un, on va boire un verre : c'est plein de petits moments-plaisir. Mais durant les concerts, on soutient son attention : le public du FDG est particulièrement concentré, respectueux des artistes, et réceptif aussi, il réagit, communique son enthousiasme, c'est très agréable.

La soirée commence en chanson, avec Coline Malice. Elle s'accompagne à l'accordéon et a un musicien avec elle, Antoine Quinet : habituellement il joue du piano, mais pour le festival il a transposé les accompagnements à la guitare, et utilise aussi les percussions. Coline Malice est belle comme un coeur, avec sa robe de gitane, elle a une jolie voix, c'est un spectacle tout en douceur. Les chansons sont sensibles mais inégales, certaines manquent un peu de rythme, de mélodie, d'assurance à mon goût, d'autres sont vraiment très réussies, décollent beaucoup plus.


En deuxième partie arrive Krystle Warren, un petit bout de femme androgyne, seule sur scène, qui me surprend et m'accroche, dès le premier morceau : sa voix est grave, mûre, incroyablement « roots ». Elle chante en anglais, des compos et des reprises, s'accompagne d'une guitare folk au son très doux qui fait presque contraste avec sa voix un peu rauque, son humour et son contact direct, sa détermination. Elle a beaucoup de charisme, et le public est sous le charme : gros succès, applaudissements et rappels en témoignent. En rappel, elle nous fait une reprise d'Eleanor Rigby, dont l'interprétation force le respect et l'enthousiasme. C'est pour moi une surprise, un vrai coup de coeur.


La soirée se termine en beauté, avec Titi Robin en trio : Francis Varis à l'accordéon, Ze Luis Nascimento aux percussions, Titi Robin à la guitare et oud et bouzouki, les trois virtuoses se répondent et se relancent l'un l'autre pour une série d'impros de haute volée, avec beaucoup d'humour et de complicité, on se régale ! Leur musique touche à tous les styles, le jazz manouche teinté de sonorités orientales par moments flirte avec les musiques de bal et d'autres aussi, on a l'impression de voyager et cependant de retrouver un répertoire familier, sans cesse revisité pour mieux nous dérouter et nous emporter. C'est un spectacle brillant, subtil, un émerveillement. Le public ne s'y trompe pas, et le succès est éclatant. Titi Robin était déjà venu au FDG : qu'il revienne autant qu'on veut, on adore !

Pour la dernière soirée et pour clore le festival, on attend Elliott Murphy, qui était déjà venu lui aussi et nous avait enthousiasmé. Mais avant cela, deux surprises nous intriguent beaucoup : qui est Amar Sundy, et surtout, que va donner Sapho en interprète de Ferré ?


Avec son groupe, Amar Sundy conquiert le public d'emblée, par sa musique ensoleillée, son groove coloré, rythmé, ajoutant au blues sa couleur touareg et des sonorités chaleureuses, c'est très réussi. Un peu électrique pour moi qui aime plus les ambiances acoustiques, je mets du temps à y entrer mais je suis charmée, c'est très beau.

Le décor est installé, et l'on attend Sapho. Ce n'est pas énorme mais c'est déjà évocateur et très classe, ce décor : quelques voiles noirs tendus, une banquette, un éventail...


« Il n'aurait fallu / qu'un moment de plus / pour que la mort vienne /

Mais une main nue / alors est venue / qui a pris la mienne... »


Sapho entre en scène et déclame ce texte magique, puis d'autres : le temps est suspendu, le moment grandiose. Elle est accompagnée avec beaucoup de talent par un guitariste flamenco, Vicente Almaraz (et pour quelques morceaux par un percussioniste) ; le fil rouge du spectacle, son inspiration est la chaleur du flamenco andalou, ses sonorités, ses postures, esquisses de mouvements de danses, puis plus au sud, le Maroc... Sapho ne se contente pas de chanter ou de réciter Ferré, elle l'interprète avec maestrio, c'est une vraie actrice, elle recrée ses textes en les mettant en scène avec à la fois beaucoup de respect et de fantaisie, de liberté de ton, c'est un bonheur. C'est une grande dame, impressionnante, et aussi très chaleureuse dans son contact avec le public. Le public est conquis, connaisseur, très concentré, réagit aux textes et à leur interprétation, lui renvoie son appréciation et exprime son plaisir à Sapho qui le reçoit et le capte bien, comblée. Elle termine évidemment par « Avec le temps »... en français, (mais avec un clin d'oeil à la fin, jouant du « s » final qu'elle prononce : « On aime pluss !... ») et puis, en rappel, elle nous le fait en arabe ! Cela surprend un instant, mais Sapho, qui est marocaine d'origine, en fait quelque chose d'évident, et c'est superbe. Un magnifique spectacle, passionnant de bout en bout.


Le public en est un peu abasourdi, et cependant passe avec autant de coeur au folk-rock endiablé (et qu'on aime tellement) d'Elliott Murphy ! Tout le monde est debout à danser, dans une ambiance de fête, l'acclamant jusqu'à des prolongations encore et encore, lui et ses musiciens finissant en acoustique au bord de la scène, au contact du public toujours enthousiaste...

Encore une grande soirée !

Et ne me demandez pas de choisir, entre les trois, celle que j'ai préférée, vous allez me mettre dans des casse-tête infinis ! Je préfère garder les souvenirs et la musique en tête, et projeter de revenir l'an prochain...

Vous aussi, peut-être ?


Cath

09 2009


PS : Pour une fois, je ne suis pas toute seule à faire un p'tit CR du FDG ! Ça me fait bien plaisir, c'est très sympa de lire d'autres impressions, pas forcément le même avis sur tout mais justement, c'est intéressant : c'est ici.


lundi 31 août 2009

FDG 2009

L'édition 2009 du Festival des Granges a été un grand cru !
Et avec un invité de marque, présent tout le temps, très apprécié car un peu capricieux les autres années : le soleil.
Et alors, le programme... lumineux !

A très bientôt pour un petit résumé.

Déjà, merci et bravo aux organisateurs !

mardi 25 août 2009

Tourne la terre, petite potière...

Encore une belle rencontre durant ces vacances, celle de Brigitte en son atelier de poterie : son sourire, son accueil, sa gentillesse, ses chats, et les belles choses qu'elle fait, ça vaut le détour !

J'ai même eu le plaisir de pouvoir essayer son tour de potière...

Même si je n'en ai rien tiré, c'est une expérience très intéressante à vivre, pour moi qui n'avais fait jusque là que du modelage. Cela prouve, si c'était nécessaire, que... c'est un métier, un art, nécessitant apprentissage, initiation et pratique, en plus du talent.

Bravo à toi Petite Brise, et merci pour ton amitié, je ne regrette pas de t'avoir écrit cette chanson (mise en musique par Yves), à écouter ici, ou :

Tourne la terre

On la piétine on la méprise
On s'en défait comme poussière
Mais ce n'est pas sale, la terre
Tu le sais bien toi Petite Brise
Entre tes mains, glaise ou argile
Deviennent amphore, vase fragile
Tu l'apprivoises lui donnes forme
Entre tes mains la terre est noble

Refrain :
Tourne la terre entre tes mains
Geste d'hier et de demain
Entre tes doigts souples et agiles
Tourne la terre, boule de vie

Quand tu es d'humeur kaoline
Concentrée dans ton atelier
Il n'y a ni peine ni routine
Juste le bonheur de créer
Les formes que tu imagines
Avec la passion qui t'anime
Sont généreuses et pleines de vie
Rondeur tendresse et harmonie

Refrain

Petite potière bien affairée
Tes mains sont fermes et assurées
Tes gestes doux et sensuels
Pleins de respect, la terre est belle
Tu n'en finis pas de chercher
Couleurs nouvelles pour la parer
Emaux de rêve pour nous surprendre
Tu ne te lasses pas d'apprendre

Refrain

Par tes objets et créations
La terre transmet tes émotions
Tu la transformes elle te le rend
Qu'on soit artiste ou artisan
La ligne est mince, c'est le même rêve
De partager son univers
De vivre sur la même terre
Et de la faire un peu plus belle

Paroles Cath
Musique et interprétation Yves Borredon

Tous droits réservés
04 2009

Et si vous passez près de Nantes, allez lui rendre visite et voir ses poteries, l'expo est permanente :
L'atelier du potier
Le Chêne Creux
St Etienne de Montluc