dimanche 6 juin 2010

Benjamin Biolay, superbe Superbe !

Brillant.

Le nouvel album de Benjamin Biolay, « La Superbe », double album à l'inspiration bien plus lumineuse que ses précédents opus, bien que ne reniant pas la mélancolie un peu amère qui lui est propre, est... - si je peux me permettre ce mot facile -, superbe !

J'avoue que je n'accroche pas à tous les textes, même si leur qualité d'écriture est indéniable : certains ont un fond dépressif, possessif, désabusé, qui me semblent parfois un peu loin de moi. Mais tous touchent, et la plupart sont vraiment très beaux.
Et quelle plume, quel talent pour dire !
Gros coup de coeur pour « La Superbe » et surtout, peut-être ma préférée, « Ton héritage », dédiée à sa fille, une page de poésie et d'amour magnifique.
Des histoires à suivre, en plusieurs chansons, qui déroulent comme un film du début à la fin d'un amour : « 15 août » et « 15 septembre » qui se répondent, « Brandt Rhapsodie » ou la vie et la mort d'une histoire d'amour en quelques messages du quotidien.
Des lectures particulières de lieux : « Buenos Aires », « Lyon Presqu'île ».
Des réflexions, méditations : « Sans viser personne », « Mélancolique », « Les Grands ensembles ».
Des poèmes inspirés, qui me font penser à Bashung : merveilleux « Night Shop », ou encore « Prenons le large »...
Et surtout, ce qui éblouit durant tout l'album, c'est la musique, le talent de mélodiste de Benjamin Biolay : quelle finesse, quelle diversité de styles et d'instruments ! C'est un régal de l'écouter, j'apprécie de plus en plus à chaque écoute.

Benjamin Biolay venant à Nancy... Je ne savais pas quoi attendre d'un concert, j'imaginais l'artiste un peu sobre, peut-être loin du public.
Sobre certes il l'est, élégant comme on s'y attend, mais chaleureux dans sa communication avec le public, c'est ce qui m'a le plus étonnée !
Et quel spectacle ! C'est un éblouissement !
Benjamin lui-même est très à l'aise sur scène et séduit complètement.
Et il est superbement entouré par ses musiciens, aux instruments remarquables.

Coup de chapeau à la harpiste-violoncelliste tout en grâce et talent, et au magicien multi-instruments (dont certains étranges) : claviers, saxo, perséphone, thérémine.

L'ensemble est d'une belle virtuosité, que ce soit dans les mélodies douces, à l'ampleur presque symphonique, ou les pages plus rock, à l'énergie étourdissante.

Les lumières ne sont pas en reste, une mise en valeur rehaussée par le fond en écrans métallisés.

Ce concert est un spectacle de haute volée, j'en reste émerveillée !


Photos et impressions :
Cath
mai 2010

2 commentaires:

Réverbères a dit…

C'est vrai que Biolay a réussi un beau double album. Dans la ligne de ce qu'il a réussi avec Élodie Fregé (mais oui !) et bien sûr surtout avec sa sœur, Coralie Clément (surtout les deux premiers albums).

Le personnage me semble moins buvable, mais je ne l'ai jamais rencontré. Je constate en tout cas que toutes les femmes tombent sous son charme ! Même Car… ! Ah bon, c'est une rumeur ?!

Anonyme a dit…

Quel dommage que je sois trop vieux et trop poussiéreux pour ne pas connaître ces artistes .
Même Gabriel Yacoub que m'a révélé Cath m'est peu familier ; j'ai quand même fait l'effort de consulter Wikipedia, l'encyclopédie qui sait tout et même le reste ; j'ai appris que son papa était libanais ; moi, j'aurais cru qu'il était juif sépharade , mais tout compte fait, le nom peut aussi provenir d'une langue sémitique comme l'arabe .
(Et au Liban , on parle un arabe très pur ).
Ne croyez pas que j'ignore fondamentalement l'apport des croisades ; je suis post-croisadien mais connais peut-être mieux qu'on ne le soupçonne les relations entre l'Orient et l'Occident ; sait-on qu'un prince turc musulman était très lié avec une abbaye française productrice de liqueur , qu'elle était la fournisseuse exclusive du prince ? Un musulman qui goûtait l'alcool des francs !!: eh oui .
Ca m'entraîne loin, mais que de beaux textes , que de belles choses Cath sait-elle nous distiller , nous instiller ; que dis-je , nous perfuser .
Un grand merci à elle , même si je ne peux guère ajouter des commentaires émus sur les textes .

Deuxièmement ; "Biolay" : j'adore la harpe depuis toujours ; c'est tellement mélodieux et gracieux, et les doigts fins qui ruissellent sur les cordes pour en égrener des notes , chaudes et limpides à la fois .
J'imagine la fille vêtue à l'antique d'une robe légère , blanche et grecque , ses bras blancs et ses longs doigts experts et doux , et fluides ,coulant sur la dentelle des cordes . La harpe est sûrement à la fois le plus incitant, le plus langoureux , et le plus gracieux des instruments musicaux érotiques .
Ce que Cath ne sait pas encore, c'est que j'ai failli faire la connaissance d'une harpiste .
Aah !

Le Hutin .