samedi 17 avril 2010

Route ordinaire

Jours de lumière, plaisir de rien

Tout m'est beauté, comme ça vient...


La dentelle des branches d'arbres

Sur fond de ciel, de paysage

La clarté d'un ciel sans âge

Sans avions, quelques nuages

Voir passer une bétonnière

Rayée blanc-bleu bayadère

Comme le ventre d'Obélix,

Voir flotter une manche à air

Blanche et rouge, au beau fixe,

Et la manche de mon blouson

Qui s'engouffre dans le vent

Qui se gonfle comme un ballon

Eclat de rire en le voyant

Les voies de l'autoroute

Parallèles comme trois doigts

Regarder une éolienne

Avec ses trois bras

Un alignement de lampadaires

Tralala lala lalère

Des zébras sur le bitume

Encore des rayures

Un rideau de peupliers

Un tas de bois débité

Sur le bas-côté, bien rangé

Le travail des hommes

Un chantier un 35 tonnes

Les noms sur les panneaux

St Apollinaire Combe Suzon

Un tag blanc et mauve

Sur un mur de briques roses

Une grille devant le mur

Encore des rayures

Un rai de soleil sur un village

Deux silhouettes sans visage

Et la route qui défile

Mes idées en moi qui filent...


Jours de lumière, plaisir de rien

Tout m'est beauté, comme ça vient...


Cath

avril 2010






5 commentaires:

Anonyme a dit…

Amusant, ce poème rayé, zébré,segmenté,cubé comme les stères de bois, parallélisé comme l'autoroute de monsieur Euclide.
Et le blouson-manche-à-air...

Un poème géométrique et aérodynamique:
un poème à géométrie variable !

Hutin mathématicien et aérien .

borredon.yves a dit…

plein de sensations..du vécu...ça sonne bien..sans rayures...sans râtures..on te reconnait...
Moi je m'y retrouve et t'accompagne..

Réverbères a dit…

Il n'y a rien de plus extraordinaire
Qu'une route banalement nommée ordinaire
Qu'on s'y laisse aller, ça ne manque pas d'air
Mais toujours la chanson laisse glisser l'impair…

Cath a dit…

Merci à vous ! Pas si géométrique que ça (malgré les rayures), trop irrégulier, je crois que ça ne se chante guère, du coup... Mais j'avais envie de vers libres, cette fois ! :)

clay-dreams a dit…

Tout d'abord ÉNORME MERCI pour les commentaires déposés, lus avec grand plaisir.
Beaux mots ici, on croirait regarder les choses avec le regard d'un non-voyant qui viendrait de recouvrer la vue, par la perception de sensations plus que par la vue elle-même.
ou encore avec le regard d'un enfant qui s'attache aux détails, aux lumières étranges, et moins à la vue d'ensemble.
A + certainement ...