- Ça alors ! C'est la voisine qui fait sa toilette, ma parole !


- Ça alors... C'est le voisin qui m'observe, ma parole !
Humeur : printemps !
"J'ai toujours préféré aux voisins les voisines..."
- Ça alors ! C'est la voisine qui fait sa toilette, ma parole !


- Ça alors... C'est le voisin qui m'observe, ma parole !
Par les hasards du calendrier (deux concerts deux soirs de suite), j'ai été très impressionnée ces jours-ci par deux découvertes, deux univers de musique, de chanson, que je connaissais peu, aussi différents qu'on peut être : Les Ogres de Barback, et Alifair.
Extravertis, tout en énergie et exubérance, les Ogres de Barback nous servent un spectacle foisonnant, aux multiples instruments et styles musicaux, un spectacle rythmé et dansant, un vrai cirque avec ses décors et acrobaties, tout en donnant un message fort, engagé, sans concessions. Du jazz manouche au meilleur de la chanson, de l'acoustique pur au rock électronique, ces quatre-là savent tout faire ! Depuis 15 ans ils tracent leur route, de plus en plus assurée, s'il croisent la vôtre n'hésitez pas, leur passage sur scène est un grand moment. Leur spectacle « Fin de chantier » est terminé, vous pouvez en avoir un bel aperçu en DVD (celui-ci était offert avec chaque place de la dernière tournée, idée originale et appréciée).
Que nous présenteront-ils après ça ? Je serais curieuse de le savoir, tant il me semble que se renouveler après un spectacle d'une telle qualité tient de la démesure !
Tout en intériorité, le groupe Alifair de Metz est un duo voix-guitares, Aurore Reichert et Jean-Pascal Boffo, base à géométrie variable à laquelle s'ajoutent, en studio, percussions, batterie et contrebasse, ou des collaborations telles que la voix de Louis Ville pour une chanson. L'écriture, mais aussi et surtout la voix d'Aurore sont un envoûtement ; emportées par les arrangements de guitare très personnels de Boffo, les chansons s'égrènent et la grâce de cet univers pop aérienne, poétique, féérique, nous met un moment en état d'apesanteur, entre évasion et ressourcement intérieur. A découvrir.
Deux ans déjà !
Je ne nous donnais pas tant. Lui et moi, c'était hésitant au début, incertain. J'en avais bien quelques échos, quelques approches, quelques notions... Mais rien de sûr. Qu'est-ce qu'on connaît de ce qu'on n'a pas vécu ? Est-ce qu'on saura se découvrir, s'apprivoiser, vivre ensemble ? On a bien réfléchi... Enfin, pas tant que ça, pas trop longtemps : on a suivi l'idée, l'envie, l'élan ! Et on a foncé, on s'est lancés.
Alors on a tâtonné, on s'est cherchés, trouvés, éloignés parfois... Et toujours retrouvés. Pour des moments magnifiques. D'autres plus sombres aussi, et le lot de moments ordinaires, quotidiens : comme la vie quoi.
Et finalement, bon an mal an, on a trouvé notre rythme : c'est-à-dire qu'il n'y en a pas vraiment. On reste libres, lui et moi. C'est quand on veut, si on veut, comme on veut.
Mais on s'est attachés, liés, pris au jeu. De mot en regard, d'échange en partage, de coup de coeur en coup de gueule, au fil des jours et des mois, on aime à se surprendre, à s'étonner... C'est peut-être ce qui nous fidélise, ce qui nous émeut encore et toujours...
Grains de sel et moi. Bon anniversaire, mon blog !
Cath
9 4 2009


Envie de printemps. Envie de bleu, de vert surtout. De douceur et de couleurs. Il est au calendrier, mais pas encore dans les prairies et prés, j'ai cherché longtemps pour vous faire cette photo un peu colorée : tout est gris encore, beige terne, hiver finissant. Froidure persistante et peu de bourgeons.
Alors le corps s'ankylose, se raidit, attend, et le moral soupire, espère, patiente...
Vivement le printemps, en vrai !
Cath
20 03 2009

Mais ne restons pas dans la nostalgie, il faut bien le dire et s'y résoudre : « Les filles de 73 ont trente ans ! » Et même un peu plus... C'est l'occasion de faire un sondage auprès du public, en faisant chanter le refrain par chaque tranche d'âge à tour de rôle.
Et musicalement, me direz-vous ? Et bien Delerm est entouré par deux musiciens excellents, Nicolas Mathuriau et Ibrahim Maalouf, piano, trompette, batterie et autres, ils savent tout faire ! Et puis surtout, croyez-moi ou non, mais sa voix est devenue, loin de l'impression un peu affectée des débuts, sobre et posée, tout en nuances, vraie. Et comme les chansons sont toujours aussi belles, ce concert est une réussite, une soirée magnifique.
Allain Leprest à Nancy ! Deux ans que j'y pense, depuis qu'un copain me l'a fait découvrir (merci JPK !) : avant, je ne connaissais pas ; mais après, je n'en ai plus décroché. Leprest, c'est comme ça, on se le transmet de bouche à oreille, d'amis en copains qui aiment le verbe et la chanson : c'est une langue belle, une écriture si forte, que l'on en est touché pour longtemps. Mais Allain a dû faire une pause forcée, prendre le large quelque temps... Et il revient à la scène, et il vient à Nancy, à l'Ostra ! Alors cette soirée-là, ce 21 février, il pouvait bien se passer tout ce qu'on veut ailleurs, rien ne me l'aurait fait manquer.
Grande soirée en vérité, car le petit peuple de ses fans (le mot est sans doute inapproprié, mais c'est l'idée) est si heureux de l'accueillir en Lorraine, qu'on l'entoure de plusieurs artistes locaux, pour en faire une soirée généreuse et conviviale, dont on se souviendra.

Alors nous avons eu la poésie toujours fraîche et belle de Jilber et Elise, avec de belles découvertes, de nouveaux morceaux. A suivi l'humour sympathique de Martial Robillard, accompagné un instant par Marcel Van Dam, pour une chanson ancienne délicieuse, et Jean-Phi qui chante pas mal du tout. Et puis le groupe "Tournée Générale" a interprété avec une belle énergie des chansons de Christian Paccoud : Paccoud, encore un sacré bonhomme, ici on l'adore, ça fait plaisir de retrouver ses chansons, par un groupe jeune et plein de fougue.

Et Leprest ? Il arrive, discrètement, du fond de la salle ; tout courbé, il marche et monte l'escalier avec difficulté, au bras de son musicien. Chacun retient son souffle, avec respect et un peu d'appréhension...
Et puis il entre en scène et commence, accompagné au piano :
« J'ai laissé un sac de billes noires
Le grincement gris d'une armoire
(...)
Une tartine de compote d'oranges
Tombée du côté où ça s'mange
Toutes les tartines du monde entier
Tombent toujours du mauvais côté
(...)
Dans le jardin de mes parents
A Mont-Saint-Aignan, près de Rouen »
Bien après, Florent me dira qu'il a fait plus de 20 chansons, j'ai du mal à le croire tant sur le coup elles ne sont pour moi qu'une seule, que je bois.
En y repensant je retrouve les titres, et c'est vrai : de "Mont Saint Aignan" à "Mec", on retrouve "Je viens vous voir", "Good bye Gagarine", "Donne-moi de mes nouvelles", "Nu", "Il pleut sur la mer", "Y a rien qui se passe", "Le temps de finir la bouteille", "Le mime", "Chanson plouf", "Bilou", "La retraite", "Un gamin laid", "Saint Max", "Le père La pouille", "Ton cul est rond", "Je ne te salue pas", "Combien ça coûte", "Sacré coco", "La gitane", "C'est peut-être Mozart" (dans un bel ensemble avec le groupe Tournée Générale). Et j'en oublie peut-être...
(Etonnamment pas de chansons du nouvel album, sorti le mois dernier : mais un nouveau spectacle est en préparation, à partir d'avril.)
Quelle performance ! Et tout cela sans un trou (sauf une toute petite fois, repris avec humour et vite corrigé), sans une hésitation, sans un verre d'eau ni une pause. Toujours les yeux dans les yeux avec le public... Et l'émotion passe, comme une lame de fond, tranquille, bouleversante.
« Nu, j'ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j'avance nu
Dépouillé de mon ombre
J'voulais pas être un nombre
Je le suis devenu ...»
Le verbe se fait parfois gourmand, coquin, pour dire l'amour, joyeux, rond et généreux :
« Ton cul est rond comme une horloge
Et quand ma fatigue s'y loge
J'enfile le temps à rebours
Je mate l'heure sous ta jupe
Il est midi moins deux minutes
Et je suis encore à la bourre... »
Il dit des heures plus dures, le destin cruel, aussi :
« Il pleut sur la mer et ça nous ressemble
De l'eau dans de l'eau, c'est nous tout crachés
Et nos yeux fondus au coeur de septembre
Regardent rouler des larmes gâchées
Curieuse avalanche
Sur la Manche... »
Leprest est au plus près de chacun : c'est ton pote... avec tellement de talent pour le dire !
A la fin, c'est palpable, on ressent quelque chose entre l'amitié et le respect, l'amour et l'admiration. Le public se met debout d'un seul homme, pour l'exprimer comme il peut... et puis se rassied, pour écouter en rappel "Mec", par Allain, seul, a cappella, touchant de vérité, tellement humain :
« Mec, tu dis jamais rien et moi je cause, je cause
Quand j'ai rien à te dire, je te parle de tout
J'fais comme si ton silence racontait la même chose
On préfère les muets quand on a du bagout
On se vend les questions et les mensonges avec, mec ... »
Nouvelle ovation, avant de le laisser... mais pas vraiment : on emporte avec soi cette émotion pour longtemps...
Merci Monsieur Allain Leprest, portez-vous bien. On reviendra vous écouter !
Cath
02 2009
PS : photos Cath : on fait ce qu'on peut, avec si peu de lumière, hélas !
Sinon l'Ostra est une salle très agréable, très conviviale.
Quelques vidéos ici, de qualité très moyenne, mais c'est pour le partage :
- "Saint Max"- "Le temps de finir la bouteille"
- "C'est peut-être Mozart"

